pour un autre quotidien
Tout journal est politique. Celui que nous faisons ne se cache pas cette évidence. Son existence, qui n'était pas donnée, car personne ne nous a invités, est déjà en elle-même un fait politique. Nous faisons irruption. Nous entrons par effraction dans le champ bien gardé des opinions bonnes à entendre. Sachant qu'exister, c'est résister, nous avons fait le choix d'exister. Or choisir est l'acte politique même.
A quoi bon un journal culturel en temps de détresse ?
.............et nous y sommes, ou pas loin........................
..............certains déjà en plein dedans.........................
C'est la question à laquelle nous essayons d'apporter une réponse positive dans chaque numéro.
inspirations
Je pense que l'art est le seul pouvoir politique, le seul pouvoir révolutionnaire, le seul pouvoir d'évolution, le seul pouvoir de libérer l'humanité de toute répression. Je ne dis pas que l'art a déjà réalisé cela, au contraire, et parce qu'il ne l'a pas fait, il doit être développé comme une arme, au début il y a des niveaux radicaux, ensuite vous pouvez parler de détails particuliers.
Joseph Beuys
ABONNÉS
A ceux qui se taisent :
”Un jour tu auras droit à la parole.
Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?”
Chawki Abdelamir (Irak, 1949)
Nous avons tous une place dans l'histoire.
La mienne, c'est les nuages.
Richard Brautigan, La pêche à la truite en Amérique
Il est manifeste que ce que la plupart de nos candidats donnent à lire dans leur effigie, c’est une assiette sociale, le confort spectaculaire de normes familiales, juridiques, religieuses, la propriété infuse de ces biens bourgeois que sont par exemple la messe du dimanche, la xénophobie, le bifteck-frites et le comique de cocuage, bref ce qu’on appelle une idéologie.
Roland Barthes
Il y a deux péchés humains capitaux d’où tous les autres découlent : l’impatience et la nonchalance. C’est à cause de leur impatience qu’ils ont été chassés du Paradis, c’est à cause de leur nonchalance qu’ils n’y retournent pas. Mais peut-être n’y a-t-il qu’un seul péché capital : l’impatience. C’est à cause de leur impatience qu’ils ont été chassés du Paradis, c’est à cause de leur impatience qu’ils n’y retournent pas.
Franz Kafka, Cahier in octavo
Je suis sûr qu'une fois que nous aurons réussi à distinguer ce qui est imaginaire de ce qui est réel dans notre vie, nous apprendrons des choses singulières et nous considérerons le monde entier d'un autre œil. Qui sait quelles conséquences en découleront ?
Bruno Traven - Le Vaisseau des morts
Les Latino-Américaines, que je sache, nous ne faisons qu'une bise. Une bise sur une joue. Les Espagnoles en donnent deux, les Françaises, trois. Quand j'étais petite, je pensais que les trois bises que donnaient les Françaises voulaient dire : liberté, égalité, fraternité. Maintenant je sais que ce n'est pas le cas, mais j'aime continuer à le penser.
Roberto Bolaño, Amuleto
- Des fois j’arrive plus à savoir si c’est moi qui débloque ou si c’est le monde qu’est devenu une fosse septique.
- Les deux. Mais votre plus gros problème c’est que vous êtes un moraliste.
James Crumley - Le dernier baiser
Ne plus attendre. Ne plus espérer. Ne plus se laisser distraire, désarçonner. Faire effraction. Renvoyer le mensonge dans les cordes. Croire à ce que nous sentons. Agir en conséquence. Forcer la porte du présent. Essayer. Rater. Essayer encore. Rater mieux. S’acharner. Attaquer. Bâtir. Vaincre peut-être. En tout cas, surmonter. Aller son chemin. Vivre, donc. Maintenant.
Le Comité invisible, Maintenant
J’étais jeune alors. Voyageant
en métro avec mon petit livre
comme pour me défendre
contre ce même monde :
tu n’es pas seule,
disait le poème,
dans le sombre tunnel.
Louise Glück, prix Nobel de littérature 2020
La vraie sagesse se trouve loin des gens dans la grande solitude.
Proverbe eskimo
“Si je ne sentais pas ma misère, comment pourrais-je sentir ma joie qui est fille aînée de ma misère et qui lui ressemble à faire peur ?”
Léon Bloy - Le mendiant ingrat
Là où il y a de l'espoir, forcément, il y a des épreuves. Simplement, les espoirs sont rares, pour la plupart abstraits, et les épreuves innombrables, et pour la plupart, tout à fait concrètes. C'est également ce que j'ai appris par l'expérience.
Haruki Murakami, 1Q84
idées
Mario Tronti est décédé le 7 août, à l'âge de 92 ans. Pour toujours, son nom est lié à son premier livre publié en 1966, Ouvriers et Capital, qui fut plus tard défini comme « la bible de l'opéraïsme » à la racine de l’autonomie ouvrière italienne. Un livre qui, quelle qu'en soit la manière dont on veut le juger, a marqué, à proximité de 68, et surtout des grandes luttes ouvrières de 1969, une grande innovation mais aussi une rupture théorique forte dans le marxisme de la seconde moitié du XXe siècle, ce siècle dur et difficile auquel il est toujours resté fidèle. Son ami et collaborateur Marcello Tarì attire dans ce beau texte notre attention sur le dernier combat de Mario Tronti, trouver le lien entre politique et spiritualité. Réparer la blessure ouverte du choc qu'il considérait comme absurde et qui existait pourtant entre le mouvement communiste et le christianisme.
La démocratie réelle n’est pas le pouvoir de la majorité, mais le pouvoir de tous, dans laquelle, au sein de l’homogénéisation des pensées, des sentiments, des goûts et des comportements, la singularité est autorisée dans la sphère privée, mais pas dans la sphère publique. Je crois que le moment est vraiment venu de passer à une critique de la démocratie.
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Quand le croissant de lune s’est levé à l’horizon, vers trois heures du matin, je roulais vers le sud en écoutant la radio. J’essayais de lutter contre le sommeil en vidant un thermos de café, en me concentrant sur les voix quand j’ai entendu celle de Vinciane Despret, une philosophe qui s’intéresse de très près aux oiseaux.
Le conformisme dont nous sommes affectés est délétère ou rédempteur selon les occasions. Puisque l'individu humain est une unité dans une petite bulle d'autres unités, contenue dans une bulle plus grande elle-même incluse dans des ensembles croissants de bulles et de super bulles, se croisant souvent, son anticonformisme prend (en moyenne, sur de grands nombres) un aspect particulier que je définirais panurgique. Panurge dans le troisième livre de Rabelais, est un fripon, un escroc qui conjugue le cuit et le cru sans jamais faiblir dans une dévotion fidèle à son maître Pantagruel. Le panurgisme est donc un non-conformisme superficiel, hédoniste et hypocrite, car il ne remet jamais en cause la présence de ce qui nous commande réellement, et n'est jamais vraiment disponible pour s'impliquer de manière indépendante.
“Les contes de fées”, a affirmé le critique marxiste Siegfried Kracauer pendant les années de la République de Weimar, “ne sont pas des histoires de miracles mais plutôt des annonces de l’avènement miraculeux de la justice.” Le Communisme expliqué aux enfants de Bini Adamczak ne s’adresse pas seulement aux plus jeunes. Le livre s’adresse aux lecteurs de tous âges, malgré son style délibérément naïf. Ceci afin d’éveiller leur imagination enfantine et leur capacité à rêver. Bini Adamczak nous rappelle que le monde n’a pas toujours été tel qu’il est aujourd’hui et qu’il peut être changé.
Il convient d’expliquer ce qu'est la "viande synthétique" ou, selon l'appellation qui s'est répandue dans le monde de la recherche, la "viande cultivée". Parmi les différentes propositions alimentaires innovantes qui arrivent aujourd'hui sur le marché ou dont la commercialisation est en cours d'approbation (farines d'insectes, produits issus de la fermentation microbienne, algues, champignons...), c'est celle qui a le plus attiré l'attention des différentes associations professionnelles et factions politiques.
Pour la première fois, le Centre Pompidou propose une installation en réalité augmentée à la croisée des arts numériques et du spectacle vivant. Ce dispositif plonge le spectateur dans le sud des États-Unis, à l’époque de la ségrégation. Il suit Claudette Colvin, 15 ans, qui le 2 mars 1955, refuse de céder son siège à une passagère blanche dans un bus. Neuf mois plus tard, Rosa Parks réitère ce geste que l’histoire retiendra. Claudette Colvin, elle, sera oubliée.
La désexualisation du désir dont on trouve partout des traces se traduit au niveau social par une déshistoricisation des motivations de l'action collective. Nous assistons à un phénomène massif de désengagement et de désertion : abstention majoritaire de la politique, désertion de la procréation, abandon du travail. Ce phénomène doit faire l'objet d'une analyse théorique (diagnostic) qui puisse rendre possible des stratégies d'action discursive et politique (thérapie) qui nous font actuellement totalement défaut.
art
Travaillant la photographie, la sculpture, la sérigraphie, l’installation et la vidéo, Hank Willis Thomas entrelace références historiques et symboles puissants issus de la culture visuelle. Sa pratique interroge la construction des récits historiques et met en cause les modes de représentation établis, en attirant l’attention sur la nature mouvante et stratifiée du sens historique.
Arrivés à Paris dans la première moitié des années 1960, Tetsumi Kudo et Key Hiraga, deux artistes qui ont fui le Japon pour échapper à son étouffement, se sont heurtés au même mur d’incommunicabilité, d’incompréhension mutuelle profonde, de désirs inassouvissables et de cultures incompatibles avec le paysage artistique et social français. Leurs œuvres annoncent le cyberpunk avec 30 ans d'avance. Voici pourquoi.
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“La Nature n’est pas un décor”, est l’exposition qui se tient à la ferme ornée, cise à la Maison de Gustave Caillebotte à Yerres. Cette exposition puissante est un temps fort de ce printemps. On la doit au commissariat et la Direction Artistique de Valérie Dupont-Aignan et de son équipe. Elle apparait, selon les mots même de Valérie Dupont-Aignan comme « un Festin de Peintures… »
Connu pour ses projets photographiques collaboratifs tels que « Invisible Jumpers », Joseph Ford s’intéresse à la perception et à l’intervention. Sa série en cours, « Impossible Street Art », invite des artistes tels qu’Antonyo Marest, Alex Senna et MadC à imaginer leurs œuvres dans des paysages monumentaux grâce à un petit tour de passe-passe.
Lutter : du latin luctari, se débattre, résister, tenir. Soin : de sollicitudo, l’attention inquiète, la présence qui maintient en vie.Ces deux gestes, longtemps tenus pour incompatibles, partagent pourtant un même territoire : celui du maintien. Lutter, c’est chercher à garder ouvertes des possibilités, à préserver des idées, des pratiques ou des liens susceptibles de disparaître. Soigner, c’est accompagner ce qui vacille. L’un relève de l’effort, l’autre de la présence ; tous deux sont des formes d’attention agissante face à ce qui nous menace.
La vie de Sarah Schumann mériterait d’être bien mieux connue du grand public. En tant que figure de proue du mouvement des « nouvelles femmes », peintre talentueuse, collagiste, designer et personnalité aux multiples facettes de l’après-guerre, elle a entretenu un lien profond avec les mouvements artistiques allemands du milieu du vingtième siècle.
L’exposition Sambucus nigra donne à voir l’œuvre plastique de Pierre Creton, réalisateur, artiste, jardinier et apiculteur, auteur d’une quarantaine de films réalisés dans les marges de l’industrie. L’artiste se situe d’abord dans un horizon, le Pays-de-Caux en Normandie. Un territoire depuis lequel il assume de penser et de créer, mais qui ne se définit pas en termes d’identité ou de frontière ; il est la somme de ses appartenances et de ses attachements. C’est un localisme, où la proximité, avant d’être géographique, est affective.
Hiraga a été diplômé de l’Université de Tokyo en 1956. Il a poursuivi la peinture en tant qu’artiste autodidacte et, en 1964, a remporté le Grand Prix de la Troisième Exposition Nationale des Jeunes Artistes au Japon, ce qui lui a permis de s’installer en France. Il a vécu à Paris de 1965 à 1977, ville alors marquée par des mouvements émergents tels le Pop Art et la Figuration Narrative.
La Galerie Maubert présente, du 19 février au 4 avril 2026, Philippe Gronon au sein de la galerie. Initiant une nouvelle collaboration, Manipulations réunit des photographies issues de plusieurs séries emblématiques et dévoile des objets marqués par l’usage, la trace et le déplacement au service, d’une picturalité assumée : surfaces de travail, dispositifs, techniques, éléments scéniques, supports de transmission ou de transformation.
Rendez-vous incontournable de l’art contemporain et véritable tremplin pour les créateurs de demain, le Salon de Montrouge s’est imposé au fil des années comme une manifestation emblématique dédiée à la découverte des artistes émergents, toutes disciplines confondues.
L’exposition Andiamo réunit les travaux de Pierre Charpin et Nathalie Du Pasquier. Elle est peintre, il est designer. En 1987, Nathalie Du Pasquier (1957) décide de se consacrer pleinement à la peinture. Quelques années plus tôt, elle s’est installée à Milan et a participé, en 1981, à la fondation de Memphis : un collectif de designers « irrévérencieux », prônant un design sensuel et stimulant, en rupture avec les formes minimales et fonctionnalistes.
L’exposition Starlight Express Club, présentée au sein du centre d’art contemporain de la Galerie Édouard-Manet, réunit un ensemble de photographies-objets aux formats variés. Les œuvres s’inscrivent dans l’espace à travers de larges caissons rétroéclairés qui convoquent des formes issues de la tradition picturale, telles que le retable ou le diptyque.
Le sculpteur sud-africain James Cook travaille un matériau qui n’est pas franchement réputé pour sa légèreté : le bronze. Et pourtant, ses œuvres donnent l’impression de flotter, de se fragmenter dans l’air, comme si la matière avait décidé de respirer. Entre réalisme et abstraction, il crée des corps troués, fissurés, ouverts… non pas pour les “casser”, mais pour laisser au regard un rôle actif : compléter, imaginer, ressentir.
Dans cette exposition personnelle, François Dufeil présentera, dès le 17/01/2026, un ensemble de sculptures instruments de musique façonnées à partir d’objets recyclés, témoins de notre ère industrielle et consumériste, ainsi qu’une série de dessins réalisés lors de sa résidence à l’Institut Sacatar au Brésil durant l’automne 2025. Ces œuvres prolongent sa recherche sur la transversalité entre le visuel et le sonore.
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Conçu par l'artiste et designer Pawel Piotrowski, basé à Wrocław, le « Sandwich Book » est exactement ce que son nom laisse entendre : un livre dont toutes les pages ressemblent aux ingrédients habituels d'un sandwich classique. Et voilà, on a faim.
L’exposition Sambucus nigra donne à voir l’œuvre plastique de Pierre Creton, réalisateur, artiste, jardinier et apiculteur, auteur d’une quarantaine de films réalisés dans les marges de l’industrie. L’artiste se situe d’abord dans un horizon, le Pays-de-Caux en Normandie. Un territoire depuis lequel il assume de penser et de créer, mais qui ne se définit pas en termes d’identité ou de frontière ; il est la somme de ses appartenances et de ses attachements. C’est un localisme, où la proximité, avant d’être géographique, est affective.
On a tellement aimé son livre sur l’avant-garde japonaise qu’on s’est empressé d’aller lui poser quelques questions à propos de sujets qu’on n’y voyait pas apparaître. Et l’autrice s’y révèle diserte et précise. En route pour le hors champs, mais plein chant. Amélie Ravalec dans ses œuvres.
Bienvenue à Bombay Beach, petite communauté californienne posée au bord du plus grand lac intérieur de l’État. Autrefois station balnéaire en vogue, elle est aujourd’hui un mélange de ville fantôme et de laboratoire artistique à ciel ouvert. Imaginez un décor de film post-apocalyptique.
Comment passer de là où nous sommes à là où nous voulons être avec toutes ces constructions qui nous encombrent ? Comment avancer si nous devons constamment riposter ? Le passé s'installe comme un brouillard et encombre de désespoir les conversations sur l'avenir.
Grâce à l'encre sur papier hanji qui juxtapose des noirs profonds à de délicates hachures, des scènes surréalistes se déploient dans les dessins de l'artiste Moonassi, basée à Séoul.
Le peintre belge René Magritte est surtout connu pour son art. Mais avant de quitter Bruxelles pour Paris en 1927 et de fréquenter André Breton) et d’autres surréalistes, Magritte travaillait comme dessinateur publicitaire. A cette époque, il réalisait des affiches et des pochettes de musique Art déco, le style tendance du moment.
Avec cette foisonnante exposition déployée sur les quatre niveaux de la galerie Arts Factory, Tom de Pekin nous invite à le suivre dans ses déambulations, entre carte du tendre et voyages imaginaires. Nourri d'archives, de travaux exécutés sur le motif ou de souvenirs d'après photo, cet ensemble d'œuvres récentes évoque des instants suspendus au cœur de flamboyants paysages réalisés à la gouache et aux crayons de couleur. Juste le ciel, les chemins, les lacs ... dans cette errance contemplative les lieux défilent sans lien précis, amitiés retrouvées et nouvelles relations s'entremêlent, les émotions s'échappent, corps et âmes dansent au centre du temps qui passe.
Andy Busc est un artiste sous pseudo basé à Los Angeles qui travaille dans l'illustration, la direction artistique et le design graphique. Son travail de personnage en noir et blanc s'inspire de ses rêves, de la culture pop, des médias, d'Internet, de ses voyages et de son environnement. Son travail a été exposé à Los Angeles, Tokyo, Paris et Berlin. Et le travail d’Andy Lam, qui arrive après celui de Charles Burns, se situe à la frontière entre réalité et fiction.
Berlinoise de l’Est, Anke Feuchtenberger a gardé un trait sombre pour marquer l’enfermement de la moitié de l’Allemagne au long de la moitié de sa vie. Eminemment politique, son propos l’est. C'est aussi la grande dame de la BD allemande.
Walter Oehrle (prononcé "early") est né en 1892 à Omaha. Cet autodidacte a réalisé des dessins de la mère de Ferdinand le taureau pour Disney. Autre fait notable, et il a été le créateur de la célèbre mascotte et du logo de la Borden Milk Company, "Elsie la vache" (ainsi que son mari, Elmer, de la colle Elmer). Il est décédé en 1957.
Après une nouvelle année de statistiques climatiques record, nous nous trouvons à l'aube de l'année 2025, qui a déjà révélé ses propres défis dévastateurs. Alors que la fenêtre pour un changement significatif continue de se rétrécir au cours des prochaines années, nous sommes amenés à nous demander à quoi le monde pourrait ressembler si nous continuons sur cette voie. À travers le prisme de l'hyperconsommation, l'artiste Michael Kerbow, basé à San Francisco, envisage l'avenir dans ses peintures de paysages ironiques et imaginatives.
photographie
Redéfinir la nouvelle génération queer à Mexico est le but avoué du photographe batave Pieter Henket qui y a passé plusieurs années à mettre en lumière les styles vestimentaires innovants et subversifs des communautés queer. Après un long séjour dans la capitale, il s’est associé au styliste Chino Castilla pour réaliser des portraits de danseurs, d’artistes de scène et même de passants qu’il a croisés en se promenant dans le parc. Ensemble, ils ont souhaité mettre en lumière « les frontières entre les traditions catholiques profondément enracinées au Mexique et la liberté d’expression moderne », explique Pieter Henket.
Inspiré du manifeste féministe iconoclaste de Valerie Solanas, SCUM (Society for Cutting Up Men), le « SCUMB Manifesto » nous fait découvrir l’initiative sans concession de la photographe Justine Kurland : la « Society for Cutting Up Men’s Books ». Cet ouvrage présente une collection de collages réalisés par Justine Kurland en découpant et en réorganisant des livres de photographie d’artistes masculins, alors qu’elle s’attachait à purger sa propre bibliothèque d’environ 150 ouvrages écrits par des hommes blancs hétérosexuels qui ont monopolisé le canon photographique.
Dans son dernier projet, Cela aussi passera, Lisa Murray trouve un langage visuel pour rendre compte des aléas d’un quotidien façonné et marqué par son processus de guérison d’une maladie et d’un traumatisme.
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Faisant suite à l’ exposition « France, un album de famille » de l’Hôtel de Ville de Paris, Yann Arthus Bertrand et son fidèle compagnon Hervé Le Bras, portés par la Fondation Good Planet, continuent l’aventure sur la Place de la Concorde en nous proposant ce nouveau chapitre Vivre Ensemble. “ Du 11 avril au 10 mai 2026, la Place de la Concorde accueilait Vivre Ensemble, un événement artistique, culturel et citoyen inédit imaginé par Yann Arthus‑Bertrand et la Fondation GoodPlanet.
« La vie, c’est la plage », dit-on. En tant qu’expression, cela renvoie à l’idée que la vie est facile et insouciante, mais nous savons bien que ce n’est pas tout à fait vrai. Et si l’on inversait cette expression ? La plage, c’est la vie. Pour le photographe brésilien Rodrigo Koraicho, la plage est une scène sur laquelle tout se joue. « Sur la plage, on voit l’humanité à nu — au sens propre comme au figuré. On y voit la vulnérabilité et l’audace, le désir et la déception, la nature et l’instinct humain, tout cela simultanément », explique-t-il.
Valérie Belin reçue académicienne le 4/02/2026 sous la coupole de l’Institut de France donna lieu à une belle cérémonie, sous la très respectable attention de Jean Gaumy, que la cérémonie d’installation de Valérie Belin au fauteuil VI de la section de photographie, fauteuil nouvellement créé. Sa consœur, de la section peinture, Nina Childress a salué la démarche artistique et l’œuvre puissante et engagée : “C’est ce que l’on appelle la photographie plasticienne : une photo qui tient le mur aussi bien qu’un tableau. […] Vos photographies témoignent d’une sensibilité visionnaire au flux des images, aux vertiges de l’IA et à l’ère numérique qui nous façonne.”
Darklight documente le parcours de dix femmes participant à un programme de boxe pour lutter contre la violence domestique, en collaboration avec la photographe Rebecca Naen.
La photographe Pelin Guven invite le spectateur à regarder de plus près les petites touches de couleur et les détails méconnus de la vie quotidienne Suisse, où la créativité jaillit en réponse à l'ordre et aux conventions. Twist !
Deux citations résonnent encore car je les entends assez fécondes dans leurs rapports au monde extérieur et intérieur, sans doute sont elles également une façon de comprendre la puissance de la création dans une lecture sensible des forces qui nous gouvernent et qui appellent un dialogue avec cette raison pratique et philosophique, avec cette instance poétique qui fait Œuvre.
Chaque portrait, demandé ou pris au passage, est un témoignage de la présence humaine, un instantané d'une histoire qui, sans cela, pourrait être oubliée.
Dans son catalogue d'exposition/nouveau livre Europass, publié par sa maison d'édition bookdummypress, Victor Sira examine un thème récurrent dans la photographie de voyage. Le livre s'appuie sur une série de voyages effectués par l'artiste vénézuélien en Europe entre 2001 et 2006, période qui a coïncidé avec le passage de l'utilisation omniprésente de la photographie analogique et des appareils photo compacts au téléphone comme appareil photographique principal.
Une boîte récupérée contenant des images « ratées » devient la matière première de nouvelles compositions en grille, transformant des fragments jetés en nouvelles histoires racontées à travers des traces, des objets et des connexions visuelles inattendues.
Le travail photographique d’Aurore Bagarry est surprenant parce qu’il introduit une forme de présence au monde particulière, dans la lecture des formations géologiques et de leurs érosions, éléments bruts et sauvages des côtes bretonne, guadeloupéenne, martiniquaise, dans un temps géologique, hors de la juridiction des hommes.
Enfant unique née sous la politique de l'enfant unique en Chine, Zihan Wei utilise l'esthétique de l'instantané pour explorer la photographie en tant que langage de l'intimité et de la connexion afin de forger une nouvelle relation avec ses parents. Et c’est loin d’être triste.
« Vous n’échapperez pas à la photo » est le slogan de l’édition 2025 de Photo Days en Novembre. Et, effectivement on y parcourra peut-être 88 expositions, 44 rendez-vous, 120 visites guidées et plus de 180 artistes exposés grâce à de nombreux partenaires, privés comme institutionnels.
musique
You Rita, Mi-tsouko - Lancés avec le dalidadaïste ""Marcia Baila"", ils étaient revenus avec l’album lettriste ""No Comprendo"". Compliquant à plaisir la vie d'une France rock un peu trop ordonnée qui fait dodo avec Daho et du chahut avec les Bérus. C'était la variétoche-hardcore. Produit par Tony Visconti, accoucheur de T. Rex et de David Bowie, «The No Comprendo» des Rita Mitsouko jette des ponts entre le rock et la chanson, en parfaite résonance avec l'esthétique «Libé» du milieu des années 1980. Cet article est paru le 20 novembre 1986.
ABONNÉS
Le concert donné à Prades-le-Lez marque les débuts de l’Orchestre intercommunal de musique de danse libre. En 1974, François Tusques et ses compagnons (Michel Marre, Jo Maka, Adolf Winkler et Guem), dans l’esprit de Don Cherry ou de Chris McGregor, démantèlent avec espièglerie toutes les frontières et tous les styles de la musique créative. Et ça swingue velu - mais en dehors des clous !
Pascal Praud est-il un rideau ? Un paravent qui gâche la culture actuelle ? Une figure exotique ( et caca !) chargée de dissimuler ce qui se passe en ce moment pour nous faire revenir aux hit-panades des 60’s carpentier et des émois catho rigoristes de tante Yvonne ? A tout cela oui. Mais, car il y a un mais, Rubin Steiner sort son jeu de cartes obliques et trace de biais dans la réalité à l’aide du brillant Brian avec son album azimuthé qui se tape royalement de la soi-disante réalité bol à raie.
Si vous avez aimé DJ Cam, Coldcut, DJ Shadow et Kid Koala, cet album a dû passer entre vos oreilles depuis longtemps. On plaint les autres… Parce que c’est un classique de la scène trip-hop et techno hexagonale depuis rien moins que 25 ans qui a le mérite de ressortir aujourd’hui quand ses participants prévoient justement un nouvel album ( dont on ne sait rien actuellement… )
Replonger dans la discographie des Banshees de Siouxsie n’est pas forcément le premier réflexe de l’amateur de rock qui n’y voit souvent que les oripeaux et le lipstick de la chanteuse gothique de référence ; quand le vrai propos est ailleurs. Ce que démontre habilement Dear Prudence, le volume 19 de la série seveninches des éditions Le Boulon, sous la plume de Philippe de Guilhermier.
Après avoir s’être longuement époumoné de rage sur les Red Hot, retrouver Nick Cave chanter sur Honora, premier album de Flea des mêmes Red Hot Chili Peppers a de quoi surprendre. Sauf que, refaisant le génial coup de Costello pour Shipbuilding avec Chet Baker et Robert Wyatt, on y trouve avec leur version du Wichita Lineman de Jimmy Webb et Glen Campbell, le tube millésimé de ce printemps qui voit le Rassemblement des Niais monter en farce. Au procès Marine, au procès…
D’une sombre actualité reste le rock de Kim Gordon. A vouloir prendre en compte le monde - et surtout la décrépitude Maga des USA - , elle réussit, une fois encore, l’actualisation de l’idiome rock pour en faire perdurer la culture qui parle encore à nombre d’entre nous. Parlons de brouillard unifié qui lie techno, hip-hop, rock pour un album court où le morceau le plus long ne fait pas plus de 3, 40 ‘. Condensé, concentré, et nous voilà convaincu avec cet album qui s’impose encore à de multiples carrefours pour dire le ressenti d’une femme qui a toujours suivi sa voie/voix. Regarder à l’image d’une chaîne d’infos X ou bol à raie un sombre crétin comme Julien Odoul en l’écoutant reste assez savoureux…
Shackleton est un vrai chaman musical. Au cours de ses 20 ans de carrière, Il a produit les monumentaux EP Music for the Quiet Hour / The Drawbar Organ en 2012 et la récente collaboration The Tumbling Psychic Joy of Now, en guidant ses auditeurs dans un voyage à travers les confins du dub spirituel, de la musique carnatique, des méthodes d'accordage alternatives, du prog, du folk allemand et du free jazz. Chaque nouvel opus intriguant à l’envi. Dont acte.
Le 27 juin 2026, Freak Out ! des Mothers of invention fêtera ses 60 ans. Collages sonores, improvisations inspirées, album-concept… il détonne toujours par son approche éclectique, gourmande et expérimentale de la musique, s'essayant à plusieurs genres et s'écartant des sentiers conventionnels du rock, du jazz ou du classique. L’album avait foiré aux Etats-Unis mais la Franck Zappa touch, leader du groupe, a conquis les jeunes Européens.
Écrivain, critique d'art et journaliste anarchiste, il était logique que Jean Rochard honore Octave Mirbeau par une production discographique comme il le fit pour Barney Bush, Gustave Courbet, Buenaventura Durruti, Federico Garcia Lorca ou Léo Ferré. Quant à la clarinettiste Catherine Delaunay, elle vit tout simplement "dans le village des Damps, en Normandie, et a découvert, par l’intermédiaire de quatre magnifiques tableaux de Camille Pissarro, qu’elle avait comme voisin (à quelque 125 ans près)" Octave Mirbeau ! Et pour fermer le cercle, il y a le trio que nous avions formé avec le pianiste Roberto Negro pour l'album intitulé Album il y a tout juste un an... Ce faisceau de coïncidences m'amène aujourd'hui à l'écoute d'un double album remarquable que Catherine Delaunay a composé et enregistré au fil du temps avec de très nombreux camarades.
Conçu entre 2023 et 2025, le premier album studio de Binary Algorithms dépeint une histoire de décadence et de désespoir, où se rencontrent la périphérie latino-américaine, le désespoir de l'absence d'amour et la tragédie de la résistance dans les pays du Sud. Mêlant IDM, dub-techno et électro à des influences UK bass et ambient, Binary Algorithms retrace également la dichotomie des identités « latines », si souvent réduites au « tropical ».
in the mix
science-fiction
Dans son nouvel essai, Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire, Asma Mhalla relit la science-fiction cyberpunk pour comprendre comment fonctionne ce Léviathan à deux têtes (ou « Diléviathan »), l’hydre bicéphale du « Big State » et de la « Big Tech ». Son but ? Non plus faire de chacun d’entre nous seulement les bons petits soldats du numérique, mais coloniser nos imaginaires et nos psychismes, dans l’accélération des processus de démantèlement des protections juridiques et sociales dont les ruines bénéficieront à la nouvelle élite planétaire. La dystopie s’écrit ce jour avec nos vies. L’État restreint au seul contrôle policier et les méga-corporations vassalisant les sociétés constituent, dans une connexion inédite entre la Russie, la Chine et les États-Unis, la fin de l’histoire du libéralisme qui conjure moins le totalitarisme qu’elle nous y aura conduit.
ABONNÉS
L’expérience d’une redoutable mécanique pour déclencher un voyage immobile, en quête de notre extra-terrestre intérieur. Une somptueuse performance littéraire et artistique.
Lorsque le son enfoui dans les matériaux du passé devient un nouvel étalon-or, quelles tumeurs malignes et vices cachés pourraient apparaître dans les interstices d’un capitalisme autoritaire jusqu’au-boutiste ? Une brillante et captivante fiction spéculative.
Dans le sang et les tripes d’une pandémie mutante, la farce gore et pourtant terriblement sérieuse d’un techno-capitalisme arc-bouté sur ses contradictions terminales. De la science-fiction particulièrement décapante – et un bref essai ironique et salutaire en prime.
Un monde presque intégralement post-humain où de solides porcelaines automates néanmoins endommagées agissent sur la foi de mémoires programmées et parcellaires. Magnifique de poésie cruelle et de tendresse inattendue.
Intenses et riches spéculations sur une socio-politique du système solaire, après l’échec climatique, la révolution martienne et l’accelerando. Réinvention de l’amour à l’âge transhumain, en prime. Grand.
L’étrange récit de survie, digne d’un Jérôme Bosch sous acide, d’une humanité « modifiée », après la guerre globale et mutante conduite par de vastes intelligences artificielles ayant plus ou moins librement interprété leurs instructions. Baroque, rusé, et pour tout dire somptueux.
La saisie du langage par la machine, comme questionnement historique et futur de la notion d’intelligence, comme quête quasi métaphysique et comme enjeu socio-politique. Un somptueux roman à tiroirs et à portes dérobées.
Et si une femme enceinte était le soldat ultime ? L’obsession pour le contrôle sur le corps des femmes et sa capacité à enfanter devient dans cette saga de science-fiction, un enjeu militaire et politique dans un manga brillamment construit.
De quoi les rencontres du troisième type sont-elles le nom ? Un roman historique et politique somptueusement trafiqué par le collectif italien Wu Ming.
Un autre livre sur l'intelligence artificielle, les civilisations extraterrestres, le métaverse et le posthumain ? Ah non ! Encore ! Mais… attendez, il doit y avoir une erreur : l’édition originale de ce livre est parue en polonais en 1964, il y a soixante ans ! Mais comment est-ce possible, si l’auteur parle de simulations virtuelles, de chômage technologique, d’algorithmes intelligents ? C'est possible, car l'auteur de ce livre fantastique est Stanislaw Lem , qui n'a besoin d'aucune introduction, si ce n'est celle de "l'un des plus grands écrivains de science-fiction de tous les temps".
Une journée fictive, en seize révolutions, des six occupantes et occupants de la station spatiale internationale. « Orbital » déploie une écriture audacieuse, simultanément diaboliquement précise lorsqu’il s’agit de science et de géographie et subtilement songeuse lorsqu’il s’agit de méandres personnels et de vivants confrontés, aussi, à une catastrophe climatique en cours. Une fascinante poésie du quotidien décalé et de l’étrange normalisé.
Décapante et ultra-documentée, une histoire de la conquête spatiale qui met à mal les récits dominants militaristes et capitalistes, comme la vraie-fausse mystique humaniste et scientifique dont ils aiment à déployer le charme fumigène autour d’eux
livres
Extraordinaire exercice de lucidité et d’humilité, douze ans d’articles politiques de l’auteur de la trilogie « Metro », relus par ses soins en 2024 à la lumière de tout ce qui s’est passé depuis leur écriture, entre 2012 et 2023. Une redoutable plongée dans une bascule russe qui ne semble pas vouloir s’arrêter.
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17 animaux picturaux en quête d’autres auteurs et d’autres sens : l’exceptionnelle chambre silencieuse d’échos imaginée par Suzanne Doppelt.
Longtemps, je me suis levé de bonheur pour lire. Lire beaucoup, avec envie et passion de la découverte, dans le but d’élargir mon horizon ado auxerrois, bloqué au loin sur les collines et le péage de l’autoroute. Partir, revenir, rester ( Heureux qui comme Ulysse… ) - autant de portes et de fenêtres sur l’ailleurs fantasmé autant que rythmé rock. Et puis, j’ai découvert les écrivains voyageurs, dévoré Nicolas Bouvier, Wilfried Thesiger, touché du regard quelque chose de l’humain dans son milieu. Avec Marseille-Montana Express, Cédric Fabre taille sa route en Tintin reporter au pays du Big Sky pour y rallumer quelques lumières avec des auteurs marquants.
Certes, à côté de ce qui se passe en Ukraine, en Iran, Palestine, au Liban, etc., le limogeage du PDG de Grasset, Olivier Nora, peut paraître un simple fait éditorial, comme il s'en produit fréquemment dans le milieu du livre: jeu des chaises tournantes, remaniement, etc.
90 photographies commentées pour illuminer vingt ans de révolution zapatiste au Chiapas. Un Photo Poche d’une puissante intelligence et d’une étonnante grâce efficace que l’on doit au regard de Mat Jacob.
Entre techno-thriller et science fantasy, le magnifique résultat de la collaboration entre l’acteur le plus cool d’Hollywood et l’auteur le plus inventif et le plus politique de la fantasy fiction contemporaine. Avec un babiroussa en bonus.
Plomb, le premier roman de Timothée Zourabichvili, fait assurément partie de ces rares surprises dont a grandement besoin la littérature contemporaine. Non content de travailler une matière en apparence raréfiée (un jeune homme et une jeune femme dans leur brutale nudité et leur descente aux enfers), un décor minimaliste (une chambre, une rue, un terminus de bus…), un dialogue impossible, il enferme le lecteur dans les têtes tantôt crispées tantôt en vrac de ses deux protagonistes.
Ambitieuse et foisonnante, redoutable dans ses détails comme dans ses implacables non-dits, très russe et très universelle, une trilogie post-apocalyptique de référence.
Quatre femmes hors normes pour bricoler l’extraordinaire sauvetage spatial des connaissances humaines : un superbe premier roman, mêlant sans se perdre humour noir et gris, thriller technologique, para-utopie politique et poésie intimiste hallucinée.
D’une boule à neige et d’un aérotrain, extraire toutes les Trente Glorieuses et une histoire d’amour paisible et fou. Un nouveau grand roman de Gilles Marchand.
Pour tous ceux qui ne connaissent ni Prudhon, ni Manchette, qui ont zappé Daennincks, Vilar et Fajardie, voici une chance de comprendre l’importance du néo-polar de la fin 70, début 80 avec la nouvelle trilogie de Benjamin Dierstein : Bleus, blancs, rouges qui s’occupe de la décennie 74/ 84. Soient, pour le premier tome 794 pages bien serrées et aussi haletante que crispantes, pour redonner le ton des années de plomb.
Tenace comme la sentinelle d’un futur immédiat, “Proletkult” est un conte philosophique diabolique qui confronte l’après-révolution russe de 1917 à un détour science-fictif et mémoriel indispensable.
Décharge, le nouveau texte de la poétesse Séverine, parle d'un corps perdu au pays des ogres et des ogresses, un corps asservi tantôt en poupée auscultable, tantôt en animal de laboratoire, coupé du monde par le silence, un silence devenu bourbier.
cinéma
Organisée dans le cadre de la manifestation Apichatpong Weerasethakul, l’exposition “Des lumières et des ombres” dévoile une vingtaine d’installations filmiques créées par le cinéaste et artiste visuel thaïlandais ces vingt dernières années — dont une spécifiquement réalisée pour cette occasion. En écho aux pièces qui jouent de la lumière et des formes, elle se présente comme une déambulation nocturne ponctuée des illuminations des images projetées.
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Avec Les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli voulait réaliser une grande fresque sur la période de la collaboration française. Avec sans doute les meilleures intentions du monde, il voulait alerter sur la bête immonde qui gratte à nos portes, réfléchir sur notre époque. Il s’en rend complice. Il voulait dénoncer. Par ses choix de casting, de mise en scène, de scénario, il collabore.
Si vous étiez à Paris pendant les vacances, et intéressés par le cinéma, vous avez pu avoir la chance de passer quelques heures en compagnie d’Orson Welles, le plus grand des metteurs en scène. Sinon rassurez-vous, l’exposition dure jusqu’à mi-janvier prochain.
Björk est l’une des artistes les plus novatrices et influentes de sa génération, réputée pour sa musique révolutionnaire, son art visuel et ses performances. Sa carrière a puissamment repoussé les frontières de la musique, de la technologie et de l’activisme, avec plus de 20 millions d’albums vendus. Elle continue d’inspirer le public grâce à ses visions créatives : de son album-app Biophilia à l’immersion offerte par Vulnicura VR, elle a intégré les nouvelles technologies. Avec Cornucopia, elle a redéfini la performance au XXIe siècle, fusionnant musique, théâtre et arts visuels pour délivrer espoir et résilience écologique.
Oui est un cri de rage et de fiel à s’en crever les yeux et les oreilles. Israël y est plus que jamais le réel à l’excès qui soumet qui y vit à en rejoindre l’hystérie et d’en vomir l’apocalypse avec l’ironie pour unique catharsis. Mais c’est pour mieux s’aveugler des impasses du hurleur de fond qui n’entend pas que les poèmes d’espérance profanés par la pornographie du présent le sont en fait depuis l’origine.
« Monumental » clame en chœur la critique comme un aboiement dit « dépendance, dépendance » selon Gregory Bateson. Après tout, The Brutalist fait tout pour. Tous les moyens mobilisés y appellent en effet la validation unanime du monument supposé : le format 70 mm. (inefficient puisqu'aucune salle ou presque ne peut en garantir la projection), le sujet (l'art après les camps), la star (Adrian Brody dans la suite du Pianiste), la musique (un thème de quatre notes, ronflant et ressassé), l'intermission même puisque le film dépasse les 200 minutes (avec le sentiment d'un costard plus grand que son couturier), jusqu'à la dédicace à Scott Walker, ce géant qui n'en méritait pas tant. À quoi bon d'emblée dévisser la Statue de Liberté, cul par-dessus tête, quand le déboulonnage est une opération aussi démesurément boulonnée ? Une seule ligne du Disparu de Franz Kafka est un glaive taillant en pièce de pareils effets de manche.
Un abécédaire pour bifurquer dans la matière concrète, gaie et labyrinthique de la philosophie, ses concepts et ses affects, depuis le foyer du corps miné par la maladie de qui lui aura dévolu sa vie. Une émission de télévision en forme de séance de spiritisme. Retrouvé dans les faveurs du direct, avec ses claps et ses fins de bobine, toutes les failles de l'image par lesquelles recommencer ce qui ne s'énonce que dans des différences de potentiel et des rapports d'intensité, le génie spirite du cinéma aura permis à la télévision d'en faire tourner la table – la télé tournée et retournée au microsillon de la pensée de Gilles Deleuze. Deleuze à la télé, c'est une image de l'internel dont l'idée reviendrait à Charles Péguy quand l'instant coïncide avec l'éternité qui n'est plus extérieure au temps, mais interne à lui. L'internel dit l'événement quand le confort domestique de la télé peut enfin vibrer du dehors de la pensée.
Mais qu’est-il arrivé au cinéma d’Almodovar ? Certes, dans La chambre d’à côté, on retrouve son habituel engouement chromatique, cet art chic de juxtaposer des pans de couleurs aux valeurs plus ou moins symboliques (le rouge, le jaune, etc.), ainsi que son goût scénique pour les flash-backs (ici inutiles, lourds), le tout accompagné d’une musique qui prend en charge (servilement, il est vrai) les tensions et les attentes. Mais voilà que, confronté au grave sujet de la mort volontaire, il commet une faute de goût irréparable.
Si faire des films relève de l'économie restreinte quand il n'y est question que d'argent en effet, les faire requiert également de l'amitié. Et, décisivement, pour les images en général et du cinéma en particulier. Pour les images qui nous auront précédées et nous appellent au secours à leur redonner un avenir. L'origine recommence avec elles : le coup d'avant redevient celui d'après, en pas de côté. On peut être deux (Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval) ou double (fictions et essais de Ghassan Salhab). Le cinéma tel Janus a toujours été bifrons, faces et ailes de la fiction et du documentaire.
30 ans déjà ! À l’occasion de cette édition anniversaire, on peut dresser un bilan très positif : Chéries-Chéris n’a cessé de gagner au fil des années en ambition, en notoriété et en succès public, au point de rassembler l’an dernier plus de 17 000 spectateurs.trices. Depuis ses débuts, et aujourd’hui plus que jamais peut-être, le cinéma joue un rôle essentiel dans nos regards sur nous-mêmes, nos émancipations, nos libérations individuelles et sociales. Un rôle fondamental pour nous projeter dans nos vies et les construire librement à notre mesure. Fidèle à lui-même, ce 30e Chéries-Chéris sera donc plus que jamais tourné vers l'avenir et les nouveaux territoires queers à explorer, à expérimenter. Cette année, nous aurons au programme 71 longs-métrages et 80 courts-métrages, la très grande majorité inédits, et venant des quatre coins du monde.
Si vous voulez quelques conseils du maître de l’animation américaine, découvrir comment il a dessiné tant de génériques des Simpson, ou encore comment il est passé des journaux aux dessins animés, voici quelques extraits de cette rencontre. Avec quelques vidéos en bonus.
Myriam El Hajj a plusieurs anges gardiens dans son existence en cinéma. Polichinelle est l'un d'entre eux et il revient à Giorgio Agamben d'avoir énoncé la morale de l'ange de la commedia dell'arte : « ubi fracassorium, ibi fuggitorium - là où il y a une catastrophe, il y a une échappée ». L'époque du désastre obscur perdure au Liban ; s'entrouvre pourtant celle du désir qui dit à l'origine la nostalgie d'une étoile perdue. Refaire un peuple de langues et de jambes, de poumons et de pieds est la voie difficile d'un remembrement collectif. Et la vocation d'un film qui y a trouvé moyen de tourner autour du trou du désastre sans y succomber, et faire ainsi trouée pour à nouveau marcher et respirer.
fait bande à part, du côté des vaincus sans jamais plus qu'il n'y ait de vainqueurs. La joie des causes plus grandes que soi promet dans la nuit le bleu du ciel et, pour l'oncle de cinéma alors en partance, c'est une dernière bouffée d'enfance.
bd & mangas
Hors du monde, le 6e tome de la série Stern sort cette semaine, et les frères Frédéric & Julien Maffre continuent de nous surprendre à chaque nouvel opus. Le croque-mort, désormais sans emploi, se retrouve piégé sur une île qui tourne au huis clos horrifique avec des livres pour seule consolation. Des livres vraiment ?
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Dans un monde en ruine, Vlada et Pouic sillonnent les routes, portés par leurs propres buts, mais surtout une amitié naissante dans ce monde hostile. Pourtant dans cet album, pas de monstres, pas de cannibales sanguinaires, de milices ou de rencontres dangereuses, Anne Masse prend le contre-pied des récits post-apo classique et dévoile une terre ravagée où les êtres humains sont solidaires, curieux et touchants.
Avant de dévoiler Mordicus sa prochaine série, Félix Delep nous raconte les coulisses du “Château des animaux” réalisée avec Xavier Dorison. De l’évolution de sa technique à celle du scénario qui s’adapte au fil des tomes à son trait malicieux, de la relation de Xavier et Félix en passant par le travail complexe des couvertures ou des variations de style, je vous propose un grand entretien avec Félix pour revenir sur les 8 ans de travail qu’il a passé sur cette série.
Déjà ciblé par des insultes depuis quelques mois, à la suite d’un dessin de presse autour du meurtre du militant d’extrême droite Quentin Deranque et de sa récupération politique, Bésot reçoit des menaces de mort.
Avec un dispositif très graphique, la dessinatrice aborde l’inceste et les violences sexuelles dans le cadre familial. Un livre pour représenter le poids du silence et de la culpabilité qui pèse sur l’enfant abusé mais aussi la difficulté à identifier, comprendre ou en parler au sein de la famille qui voit la personne abusive sous un autre angle.
Un album qui débute avec les aspects du conte pour pour proposer un regard et ouvrir des pistes de réflexion sur la violence de notre époque.
Depuis 15 ans et son premier livre, “Nous n’irons pas voir Auschwitz”, Jérémie Dres questionne son histoire familiale — ou met en image les souvenirs des autres — pour creuser notre histoire commune à travers les fils rouges des individus. Avec “Les fantômes de la rue Freta”, c’est une enquête sur plusieurs continents, interrogeant plusieurs époques que le dessinateur déroule sous nos yeux, et c’est un morceau d’histoire qui se dévoile à partir d’une simple carte postale.
Du vendredi 5 au dimanche 7 décembre 2025, vous aviez rendez-vous au festival SoBD à Paris pour un week-end de bande dessinée autour de la bande dessinée chilienne, pays invité avec une délégation d’artistes et de spécialistes chilien.ne.s ainsi que 8 expositions, des tables rondes, ateliers et rencontres.
Vendredi 21 novembre, Elena Mistrello a été sommée de remonter dans un avion en arrivant à l’aéroport de Toulouse où elle s’apprêtait à se rendre au festival BD Colomiers invitée par sa maison d’édition Presque Lune pour dédicacer son album “Syndrome Italie”, réalisé avec Tiziana Francesca Vaccaro.
Porté par le trait & les couleurs de Xavier Coste, Antoine de Caunes se raconte et met en image l’expérience singulière vécue par son père, Georges de Caunes, en 1962 : vivre seul sur une île déserte avec pour seuls compagnons une chienne, un chat, des poules, du bétail sauvage et les pierres. On vous ouvre les coulisses de ce livre en compagnie des auteurs.
Ce week-end, du 21 au 23 novembre 2025 vous aviez rendez-vous à BD Colomiers, un festival en région Occitanie qui fête ses 40 ans ! Pour parler de ces 40 ans, de la ligne éditoriale, des affiches ou encore de la programmation, je vous propose une rencontre avec Amandine Doche.
Depuis samedi, de nombreuses réactions de toute la profession se font entendre à l’issue de la reconduction de la société 9eArt+ comme gestionnaire de l’événement, désignée par l’association FIBD propriétaire de la marque. Et deux communiqués d’organisations professionnelles demandent des comptes suite à cette annonce.
Un très beau recueil de dessins de presse parus initialement dans le magazine The New Yorker, sélectionnés et compilés par thématiques qui dévoile toute la palette de l’humour incisif du dessinateur écossais. Également diplômé de zoologie, Will McPhail fait des animaux, et en particulier des rats et pigeons —la vermine— ses personnages de prédilection.
architecture
S'inscrivant dans la continuité architecturale de l'ensemble « Habitat L » situé sur le plateau du Ritten, les deux nouvelles tours résidentielles de « Val Mira » font le lien entre la tradition rurale et la sobriété contemporaine.
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Situé à Malaxa, Chania, Crète, le dernier projet de vastudio, “Archetype”, reflète un lien profond avec son environnement en honorant les archétypes locaux et les riches traditions matérielles de l'île. Inspiré par l'héritage architectural de la Crète, le projet, destiné à un usage résidentiel, incorpore du bois, de l'argile et de la pierre d'origine locale, ancrant le projet dans l'identité de la région grecque tout en célébrant l'artisanat intemporel et l'authenticité de ce lieu unique. Plein les yeux en bord de mer.
Ce projet d’extension se veut évolutif à court, moyen et long terme. Son programme actuel se définit comme suit : une chambre à coucher et une salle de bain connectées au niveau rez de l’habitation existante ainsi qu’un espace polyvalent bureau/détente connecté à la forêt.
L'expérience d'un espace est une affaire personnelle. La relation entre un espace et la personne qui l'habite est unique : le bagage culturel, l'imagination et les expériences personnelles conduisent inconsciemment chaque individu à associer ce qu'il ressent à l'endroit où il se trouve. Selon cette idée, l'espace n'est pas seulement un espace, mais un moment qui projette notre intimité sur quelque chose d'autre.
Pocket Passiv est un petit studio résidentiel intercalaire qui occupe l'espace inutilisé d'un bloc d'angle d'une maison en terrasse du centre-ville. Le projet atteint des niveaux ambitieux d'agrément pour ses résidents, tout en occupant une surface "de poche" de 27 mètres carrés. Situé à Glebe, une banlieue prospère du centre-ville habitée à l'origine par le peuple Gadigal, Pocket Passiv est un vestige du boom des maisons en terrasse victoriennes du 19ème siècle à Sydney.
En 1944, Curtis Howe Springer, un prédicateur évangélique qui vivait à Los Angeles, a entendu parler d’une source naturelle nommée Soda Springs dans le désert de Mojave, dont la rumeur disait qu’elle avait des propriétés curatives. S’il avait toute d’abord appelé son centre Soda Springs Cam, Springer a finalement choisi le nom inhabituel de Zzyzx Mineral Springs and Health Resort pour son oasis de bien-être, car le fait d’avoir une liste avec deux z dans le nom garantissait que son complexe était « le dernier mot » en matière de bien-être.
On peut être contemporaine et se fondre dans un environnement jadis dédié à la culture des œillets. C’est le cas de la maison entièrement conçue, depuis la conception des plans jusqu’à l’aménagement intérieur par Archidesign. Une maison de plain pied, enracinée sur une terre autrefois cultivée par la famille du propriétaire et formée par l’assemblage de quatre rectangles parfaitement imbriqués.
Dernier portfolio : la visite impromptue de la Villa Carré avant rénovation, œuvre de l’architecte finlandais Alvar Aalto, dans une définition humaniste du luxe dérivée de Baudelaire (luxe, calme et volupté). Même si celle-ci, n’est pas sensualité pure mais ascèse certaine, joie plus mystique que pleine expression des sens. Le luxe étant la simplicité retrouvée, une célébration de l’essentialité et de la convergence vers cette Nature qui appelle à dialoguer, loin des faux semblants, dans une interrogation plus profonde, voire plus sévère, d’un protestantisme ne souffrant aucune contamination baroque….
Comment retrouver un rythme naturel sur la côte pacifique au Mexique est le défi tenu par Espacio 18 Arquitectura qui a conçu une maison en béton sur la plage de Zapotengo à Oaxaca, avec deux ailes orientées pour suivre le lever et le coucher du soleil. Mais pas seulement.
Ninho est le dernier résultat du partenariat entre Altar et Natureza Urbana, unissant leurs efforts pour créer un refuge immergé dans les paysages naturels de la Serra da Mantiqueira. Destiné à offrir une expérience unique d'hébergement et de décompression, le projet suit le principe d'Altar consistant à construire des hôtels décentralisés connectés à la nature, au style glamping et à tirer parti de la technologie pour promouvoir des pratiques durables dans les opérations hôtelières.
Le bureau international de design et d'innovation CRA-Carlo Ratti Associati, en collaboration avec le regretté Italo Rota (1953-2024), dévoile un projet pour la Semaine du design de Milan 2024 transformant le jardin botanique de Brera en un parcours immersif explorant les multiples utilisations du riz - de l'alimentation au matériau de construction expérimental.
Il est pratiquement impossible de résumer cette maison. Entrer dans l'espace pour la première fois est difficile à décrire. Elle semble ancienne et moderne à la fois. Les références sont très variées : "on dirait une église, un château, une arche de chemin de fer, un entrepôt de céréales du Moyen-Orient". Le maître d'ouvrage s'est inspiré d'un bunker de munitions du XIXe siècle qu'il avait vu en Roumanie, construit en briques brutes avec des arcs. L'architecte Peter Stutchbury fait référence au travail de Le Corbusier en Inde. Cependant, il s'agit d'un projet tout à fait singulier. L'élément architectural clé est le plafond voûté parabolique, une structure autoportante faite de briques recyclées et dotée d'une lucarne elliptique rétractable de 3,5 m de long sur 2,5 m de large, non vitrée et inclinée de 20 degrés vers le sud pour contempler les étoiles.
Situé dans un paysage de vignobles et de zones boisées, au cœur du Monferrato, l'éco-hôtel se compose d'un village de quatre cabanes indépendantes en bois et en verre dont le design s'inspire de l'image des meules de foin traditionnelles. Trois d'entre elles abritent les suites, tandis que la quatrième est un espace commun.
mode & travaux
Né en 2019, le projet Common Ground à l’ambition de relier les personnes séparées par l'idéologie, la géographie et la culture par le biais de la terre commune que nous occupons. "Avant qu'il n'y ait l'Amérique en tant que pays, ou les États individuels et les identités territoriales qui en découlent et les politiques qui en découlent, il y avait la terre que l'Amérique occupe", écrit Adam Silverman.
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L’artiste tatoueuse new-yorkaise Ash Aurich a trouvé une manière ingénieuse de rendre hommage aux chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art avec ses tatouages en forme de timbre-poste. Utilisant une technique de fine ligne avec des ombrages délicats, elle crée des compositions rectangulaires aux bords crantés, représentant des figures romantiques et religieuses inspirées de la Renaissance.
Les tatouages du brésilien Vinícius Moschen sont si réalistes qu’ils donnent l’impression d’être de véritables patches brodés cousus directement sur la peau. Cet artiste sait, en effet, capter l’essence des motifs textiles, dans une gamme allant des personnages rétro de dessins animés aux emblèmes d’équipes sportives.
Il y a vingt ans, Signe Emdal a créé une entreprise spécialisée dans la fabrication d'objets et de vêtements textiles uniques, en s'appuyant sur son expérience du tissage jacquard, de l'impression sur tissu et de toute une série d'autres techniques. En 2021, cependant, elle s'est sentie enfermée et a cherché un moyen de s'exprimer à travers une orientation créative plus intuitive et moins fonctionnelle. Résultats, ci dessous.
Le Musée de l’Homme présente actuellement une exposition en deux volets sur le wax ; l'un consacré à l'histoire du tissu, depuis plus de 120 ans entre Asie, Europe et Afrique, et l'autre à son actualité sur la scène de la mode, du design et de l'art contemporain.
Le regard amusé de Martin Parr sur la mode s’intitule Fashion Faux Parr. Tout un programme reflétant 30 ans d’un style très original et d’un sens de l'humour assez particulier/ parr-ticulier …
Quand le macronisme provincial, attardé et catho de fond voudrait nous incruster ses principes délétères par un confino-covidé à manche longue, il est bon de se révolter pour échapper à la touffe inepte de Castex et ses discours de bureau d’étude du XXe siècle. Alors Tattoo You ?
La photographe Diana Yevtukh et ses broderies inspirées des kintsugi japonais tentent de remettre de la vie dans une Ukraine cassée.
Dans un article expliquant pourquoi la fast fashion devrait être ralentie, la journaliste russe Ksenia Monastyrskaya explique comment est apparu le marché de masse, comment les organisations antifascistes et les magasins d'occasion sont connectés, quel est le modèle de consommation scandinave et comment gérer les vêtements de manière écologique en upcycling, éco-shopping et personnalisation.
Artiste écossaise multimédia, Debbie Lawson fait littéralement surgir des motifs des tapis ou de tout autre matériau employé pour forcer une sorte de passage entre deux mondes, comme un réensauvagement du motif qui surgit de la matière employée pour forcer le réel à en dire plus et autrement. Déroutant pour le moins.
Des tatouages temporaires en passant par les figurines, cette jeune artiste mélange mode et art pour explorer la marchandisation du corps via une lentille post-Internet aussi bizarre que merveilleuse. Choc !
L'idée d'ajouter des grillons à un gaspacho d'été ou de faire des tacos avec des mites d'abeille risque de faire frémir la majorité d'entre nous. Mais face à un avenir marqué par une pénurie alimentaire croissante, les insectes pourraient bientôt devenir un aliment de base, un ingrédient régulier de notre cuisine de tous les jours.
Des portraits de femmes noires émergent des contours minimaux tracés au fil noir dans les nouvelles pièces textiles en grand formats de l'artiste torontoise Gio Swaby. Des tissus vifs, avec un accent sur les fleurs, dominent son nouveau corpus d'œuvres intitulé I Will Blossom Anyway, qui met l'accent sur la luminosité, la joie et l'amour de soi.
La Nuit, c’est un magazine culturel multimédia de 200 pages qui profite des possibilités offertes par l’internet pour faire de chaque numéro un voyage. Elle se lit comme un magazine, en pages plein écran. Ces numéros sont réservés aux abonnés. Pour vous en donner un aperçu, quelques pages du numéro 1.






