pour un autre quotidien
A quoi bon un journal culturel en temps de détresse ?
.............et nous y sommes, ou pas loin........................
..............certains déjà en plein dedans.........................
C'est la question à laquelle nous essayons d'apporter une réponse positive dans chaque numéro.
inspirations
Il est manifeste que ce que la plupart de nos candidats donnent à lire dans leur effigie, c’est une assiette sociale, le confort spectaculaire de normes familiales, juridiques, religieuses, la propriété infuse de ces biens bourgeois que sont par exemple la messe du dimanche, la xénophobie, le bifteck-frites et le comique de cocuage, bref ce qu’on appelle une idéologie.
Roland Barthes
ABONNÉS
Les étrangers et les mendiants viennent de Dieu.
Homère ; L'Odyssée, VI, 207
Vous n’êtes pas un homme si vous ne savez pas dire non à une mauvaise parole.
Proverbe malgache
J'ai la nostalgie du café de ma mère, du pain de ma mère, des caresses de ma mère... Et l'enfance grandit en moi, jour après jour, et je chéris ma vie, car si je mourais, j'aurais honte des larmes de ma mère !
Mahmoud Darwich, La Terre nous est étroite
Le léopard meurt avec ses taches, et je ne me suis jamais proposé, ni ne me suis cru capable de m’améliorer.
Guy Debord - Panégyrique, tome 1
Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en "Je" et vous sépare toujours du "Nous".
John Steinbeck - Les Raisins de la colère
Ceux qui s'avancent trop précipitamment reculeront encore plus vite.
Proverbe chinois
Près de la gare
j'ai trinqué
avec cette époque aveuglante.
Hoshinaga Fumio
Ma vie
devant ce chrysanthème
se tait soudain
Shuoshi Mizuhara
A la société la police est ce qu'est le rêve à l'activité quotidienne : ce qu'elle s'interdit à soi-même, dès qu'elle le peut, la société polie autorise la police à l'évoquer. De là vient peut-être le sentiment de dégoût et d'attirance mêlés qu'on a à son égard. Chargée de drainer les rêves, la police les retient dans ses filtres. Ainsi expliquerons-nous que les policiers ressemblent tant à ceux qu'ils chassent.
Jean Genet - Querelle de Brest
Le capitalisme est un système de dépendance : de l'intérieur vers l'extérieur, de l'extérieur vers l'intérieur, du haut vers le bas et du bas vers le haut. Tout est dépendant, tout est enchaîné. Le capitalisme est un état du monde et de l'âme.
Franz Kafka
J'étais enceint d'un sentiment qui pouvait, sans que je m'en étonne, me faire accoucher dans quelques jours d'un être étrange, mais viable, beau à coup sûr.
Jean Genet, Pompes Funèbres
Qui regarde le passé s'expose à perdre la vue.
Proverbe géorgien
art
“La Nature n’est pas un décor”, est l’exposition qui se tient à la ferme ornée, cise à la Maison de Gustave Caillebotte à Yerres. Cette exposition puissante est un temps fort de ce printemps. On la doit au commissariat et la Direction Artistique de Valérie Dupont-Aignan et de son équipe. Elle apparait, selon les mots même de Valérie Dupont-Aignan comme « un Festin de Peintures… »
La vie de Sarah Schumann mériterait d’être bien mieux connue du grand public. En tant que figure de proue du mouvement des « nouvelles femmes », peintre talentueuse, collagiste, designer et personnalité aux multiples facettes de l’après-guerre, elle a entretenu un lien profond avec les mouvements artistiques allemands du milieu du vingtième siècle.
L’exposition Sambucus nigra donne à voir l’œuvre plastique de Pierre Creton, réalisateur, artiste, jardinier et apiculteur, auteur d’une quarantaine de films réalisés dans les marges de l’industrie. L’artiste se situe d’abord dans un horizon, le Pays-de-Caux en Normandie. Un territoire depuis lequel il assume de penser et de créer, mais qui ne se définit pas en termes d’identité ou de frontière ; il est la somme de ses appartenances et de ses attachements. C’est un localisme, où la proximité, avant d’être géographique, est affective.
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Bianca Argimon expose tout un matériel visuel de petites céramiques émaillées intenses où parait le corps écrasé au sol d'un Batman qui se serait craché ou qu'on aurait abattu, enfin !!!... repris par ces gouaches de petit format avec son complice Robin, Spider Man, Captain America, tous grotesquement ligotés, arrêtés, écrasés, quand se dit le revers des comics américains en pleine déconfiture et qu'une filiation se fait avec toute une contre-culture américaine dont certains Pop Artists (Rauschenberg, Lichtenstein.)..au titre amusé de THE FALL, la chute, et ce quadryptique de 160X480 cm au titre génial de HOME SWEET BURNING HOME de 2025...
Roots est une série de quinze nouvelles linogravures à laquelle viennent s’ajouter des bas-reliefs en bois de la suite « Bilongue » (2015). Ces linogravures, où se mêlent figures mutantes et motifs végétaux, explorent la relation entre l’humain et la nature dans une tension à la fois onirique et organique. Par leur traitement graphique, elles évoquent les tampons monumentaux de l’artiste : même économie de moyens, même force des lignes, où chaque empreinte devient un acte symbolique de narration et d’engagement
Ezekiel Messou est un mécanicien passionné et consciencieux. Né en 1971 dans la cité lacustre de Ganviè, il apprend le métier de réparateur de machines à coudre à Lagos. De retour au Bénin, il ouvre son propre atelier à Abomey-Calavi où il ne manque pas de travail : il n’y a presque pas de prêt-à-porter, tout est fait sur mesure et les couturiers sont très nombreux.
De la création de la revue Présence Africaine à celle de Revue noire, « Paris noir » retrace la présence et l’influence des artistes noirs en France entre les années 1950 et 2000. Elle met en lumière cent cinquante artistes, de l’Afrique aux Amériques en passant par la Caraïbe, dont les œuvres ont rarement été montrées en France. On va juste dire : il était temps…
Rammellzee aura été l’artiste le plus complet de la galaxie hip-hop du siècle dernier, déployant sa vision de graf en MC, de l’écrit aux costumes, la sculpture et aux jouets, de la peinture aux installations et au cinéma avec son pote Jim Jarmush. Mort en 2010 oublié de l’establishment artistique US, cette rétrospective au Palais de Tokyo montre l’étendue de ses possibles et de ses réalisations. Go !
La voix des morts occupe une place centrale dans les réflexions contemporaines. Les morts ont encore leurs mots à dire et leur part de travail à effectuer. Par délégation bien entendu, mais ils sont présents, car bien représentés. Une exposition collective à la Ferme du buisson interpelle le passé au présent de l’art.
Le sel, la terre, le temps. Trois éléments qui traversent et structurent l’exposition Métamorphoses de sel de Lise Thiollier, présentée à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec. Sculptures cristallisées, structures immersives et installations sonores tissent un récit sensible sur la transformation de la matière, la fragilité des écosystèmes et les mutations invisibles du monde qui nous entoure.
Topologie discrète est une exposition réunissant les artistes Georges Koskas (1922-2013) et Farah Khelil (1980), comme premier acte d’une conversation silencieuse entre les deux artistes originaires de Tunis. Bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés, leurs œuvres semblent converger sur plusieurs points, dévoilant des affinités dans leurs approches de l’espace et de la composition, et plus généralement dans leur rapport à la musique et à la peinture.
Le travail de Clara Rivault suscite une réflexion sur la manière dont certaines oppositions — souplesse et tension, fragilité et solidité, éphémère et pérenne — se rejoignent pour former une nouvelle dynamique commune, notamment par les matériaux utilisés : le verre opalin et la laine naturelle. Par un travail minutieux et une maîtrise technique spécifique l’artiste cherche à célébrer l’entraide, la rencontre et la complémentarité, en invitant les spectateurs dans une expérience artistique introspective et contemplative.
“ C’est la terre qui nous porte, c’est la terre qui nous nourrit, elle est tout pour nous. Et à la fin, on retourne à la terre. Si je suis arrivé à la céramique, c’est pour rendre hommage à cette Terre qui nous porte. ” Benjamin Déguénon
Rien de tel pour exprimer le véritable amour que de se disputer pour savoir qui a oublié le bouchon du dentifrice, n'est-il pas ? D'un point de vue humoristique, Stephanie Shih explore les multiples significations de la "félicité domestique" dans un paysage social marqué par le consumérisme et des politiques contradictoires. Attention, distorsions en vue …
Dès les années 1960, Olga de Amaral repousse les limites du médium textile en multipliant les expériences sur les matières (lin, coton, crin de cheval, gesso, feuilles d’or ou palladium) et les techniques : elle tisse, noue, tresse, entrelace les fils pour créer des pièces tridimensionnelles et monumentales. Inclassable, son œuvre emprunte tant aux principes modernistes, qu’elle découvre à l’académie de Cranbrook aux États-Unis, qu’aux traditions vernaculaires de son pays et à l’art précolombien.
images
Conçu par l'artiste et designer Pawel Piotrowski, basé à Wrocław, le « Sandwich Book » est exactement ce que son nom laisse entendre : un livre dont toutes les pages ressemblent aux ingrédients habituels d'un sandwich classique. Et voilà, on a faim.
ABONNÉS
Andy Busc est un artiste sous pseudo basé à Los Angeles qui travaille dans l'illustration, la direction artistique et le design graphique. Son travail de personnage en noir et blanc s'inspire de ses rêves, de la culture pop, des médias, d'Internet, de ses voyages et de son environnement. Son travail a été exposé à Los Angeles, Tokyo, Paris et Berlin. Et le travail d’Andy Lam, qui arrive après celui de Charles Burns, se situe à la frontière entre réalité et fiction.
Berlinoise de l’Est, Anke Feuchtenberger a gardé un trait sombre pour marquer l’enfermement de la moitié de l’Allemagne au long de la moitié de sa vie. Eminemment politique, son propos l’est. C'est aussi la grande dame de la BD allemande.
Après une nouvelle année de statistiques climatiques record, nous nous trouvons à l'aube de l'année 2025, qui a déjà révélé ses propres défis dévastateurs. Alors que la fenêtre pour un changement significatif continue de se rétrécir au cours des prochaines années, nous sommes amenés à nous demander à quoi le monde pourrait ressembler si nous continuons sur cette voie. À travers le prisme de l'hyperconsommation, l'artiste Michael Kerbow, basé à San Francisco, envisage l'avenir dans ses peintures de paysages ironiques et imaginatives.
Miles Johnston, le résident anglais de Malmö, traque au crayon graphite des sujets dont les figures sont en mutation, qu'il s'agisse de corps fragmentés, de visages multipliés ou de membres déformés dans des positions impossibles. A gratter la surface du corps, on entre vite dans la psyché, comme Magritte auparavant.
Avec “Hanging By a String”, Vicki Ling explore la fragilité et la précarité du monde moderne. À travers ses empilements de denrées périssables, elle présente sa vision de l'instabilité et de catastrophes à venir.
À partir de papier, de fil et de gouache, Hollie Chastain, basée à Chattanooga, combine des documents éphémères et des matériaux trouvés pour créer des collages vibrants. Des bandes de papier sont découpées, tissées et cousues pour former des compositions ludiques et abstraites. Ovni, moi oui !
La peinture de l’Iranienne Nazanin Pouyandeh nous a interpellés par sa traduction surréaliste d’une réalité du moment : la transposition mythologique au service du féminisme qui n’est pas sans évoquer Frida Khalo.
Design | Quand l'hyperréalisme joue avec les codes du pop art le Mexicain Gildo Medina en fait son affaire et lui ouvre de nouvelles perspectives.
On retrouve ici l'histoire du design queer à travers Days of Rage, nouvelle exposition en ligne qui documente les affiches militantes LGBTQIA+. La Fondation One Archives et le Studio Lutalica précisent les intentions qui sous-tendent l'exposition en ligne, ainsi que sur l'approche épurée et minimaliste de sa conception web.
Depuis le virage graphique de Kay Rosen, en 1968 ( bonne année !), sa démarche vise l'étude de l'art basé sur le langage. À travers des peintures, des dessins, des peintures murales, des gravures, des collages et des vidéos, elle a cherché à donner un nouveau sens aux mots et aux phrases de tous les jours en remplaçant la page imprimée par l'échelle, la couleur, les matériaux, la composition, le graphisme et la typographie. Rien que du bonheur !
Jacqueline de Jong est née en 1939 aux Pays-Bas et a manifesté dès son plus jeune âge un vif intérêt pour les arts. Sa fréquentation au début des années 60 de fortes personnalités comme le peintre Asger Jorn et l’écrivain Guy Debord, tous deux initiateurs de l’Internationale Situationniste, l’a fait très vite apparaître, avec ses peintures et estampes sur la scène des avant-gardes européennes du moment.
Inspirés par Dada et le surréalisme, les assemblages instinctifs de papier d'Anja Brunt évoquent un sentiment de fantaisie, de spontanéité et d'aléatoire. Cette graphiste basée à Amsterdam crée des assemblages depuis six ans pour se détendre.
photographie
Dans son dernier projet, Cela aussi passera, Lisa Murray trouve un langage visuel pour rendre compte des aléas d’un quotidien façonné et marqué par son processus de guérison d’une maladie et d’un traumatisme.
Faisant suite à l’ exposition « France, un album de famille » de l’Hôtel de Ville de Paris, Yann Arthus Bertrand et son fidèle compagnon Hervé Le Bras, portés par la Fondation Good Planet, continuent l’aventure sur la Place de la Concorde en nous proposant ce nouveau chapitre Vivre Ensemble. “ Du 11 avril au 10 mai 2026, la Place de la Concorde accueilait Vivre Ensemble, un événement artistique, culturel et citoyen inédit imaginé par Yann Arthus‑Bertrand et la Fondation GoodPlanet.
90 photographies commentées pour illuminer vingt ans de révolution zapatiste au Chiapas. Un Photo Poche d’une puissante intelligence et d’une étonnante grâce efficace que l’on doit au regard de Mat Jacob.
« La vie, c’est la plage », dit-on. En tant qu’expression, cela renvoie à l’idée que la vie est facile et insouciante, mais nous savons bien que ce n’est pas tout à fait vrai. Et si l’on inversait cette expression ? La plage, c’est la vie. Pour le photographe brésilien Rodrigo Koraicho, la plage est une scène sur laquelle tout se joue. « Sur la plage, on voit l’humanité à nu — au sens propre comme au figuré. On y voit la vulnérabilité et l’audace, le désir et la déception, la nature et l’instinct humain, tout cela simultanément », explique-t-il.
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Dans sa mission en Arctique, Laure Winants fusionne l'art, la science et la technologie, explorant le potentiel de la photographie pour capturer les phénomènes optiques et lumineux du Nord et aborder les questions environnementales qui s'y posent.
Le Golikro d’Olivier Khouadiani est un lieu qui existe sans exister vraiment. Le photographe ivoirien crée un village imaginaire à côté du village réel d'Amanikro, brouillant délibérément les frontières pour graver une nouvelle image où se rencontreraient traditions et modernités.
Les paroles "Once a slag, always a slag" retentissent sur le téléphone de ma fille, qui me montre une vidéo d'elle et d'une amie, dansant de manière séduisante devant la caméra. Je reconnais les performances de genre qu'elles mettent en scène et je m'interroge sur le décalage entre la façon dont elles se perçoivent elles-mêmes et la façon dont elles sont perçues par les autres.
La MEP présente Music + Life, la première rétrospective de l’artiste britannique Dennis Morris en France. L'exposition réunit pour la première fois une vaste sélection de ses photographies capturant sa jeunesse à Londres, ainsi que ses portraits iconiques de Bob Marley et des Sex Pistols, devenus des images emblématiques de la culture pop.
Métamorphose - Transformer l'architecture en art et en imagination. Derrière chaque cliché se cache un voyage à travers des lignes, des formes et des espaces en constante évolution. Je photographie principalement l'architecture moderne et ses détails, en me concentrant sur l'art en noir et blanc. Mon travail exclut délibérément toute présence humaine, Derrière chaque cliché se cache un voyage à travers des lignes, des formes et des espaces en constante évolution. Je photographie principalement l'architecture moderne et ses détails, en me concentrant sur l'art en noir et blanc. Mon travail exclut délibérément toute présence humaine, laissant les lignes et les formes de l'architecture prendre le devant de la scène.
« Les titres des cinq séquences qui composent l’ouvrage donnent des clés d’entrée : Nuances, Silences, Abîmes, Paradis perdus, Jardins secrets. LiliRoze explore tour à tour le désir, la passion, le manque, l’enfance, la perte, notre rapport au temps qui passe. Dédié à son père, ce livre est ainsi autant un journal intime et un cheminement intérieur qu’une fenêtre sur le monde onirique qu’elle déploie.
Le Jeu de Paume met à l’honneur l’œuvre vibrante et singulière de Tina Barney, grande figure de la photographie américaine, dont le travail, principalement autour des relations de famille, a été très peu montré en France. Tina Barney. Family Ties, qui retrace 40 ans de la carrière de l’artiste, est la plus grande rétrospective européenne à lui être consacrée à ce jour.
Drag est le kabuki américain. La forme classique du théâtre japonais et son pendant américain sont tous deux des arts de la scène qui se caractérisent par des costumes exagérés, une narration stylisée et des acteurs qui brouillent les distinctions entre les sexes. En présentant ses sujets en noir et blanc, cette série de portraits cherche à révéler le côté plus calme de ces artistes dépouillés de leurs costumes colorés et de leurs personnalités exubérantes.
Certains livres de photos sont détaillés par leurs exercices directs de construction d'histoires. En revanche, d'autres demandent au spectateur de les lire de manière holistique comme un environnement, une scène dans laquelle les idées sont distribuées, mais avec moins d'absolus quant à leur nature. Des allusions sont faites, et certaines images portent la charge conceptuelle de ce que le communiqué de presse suggère comme manière de lire un tel livre.
Avec un regard réfléchi né d'une profonde préoccupation pour son environnement, Adra Pallón explore les conséquences dévastatrices de l'exode rural sur la culture de la Galice, son environnement et les derniers de ses habitants vieillissants.
Sicilia Fantasma est une collection de visions personnelles de la Sicile, photographiées entre 2012 et 2018. Cette opération de " restitution " du territoire à travers une série de paysages, vit dans le désir de générer des relations à plusieurs niveaux de lecture entre l'observateur et les espaces représentés, des réflexions au-delà de la surface esthétique de la " vue " photographique.
Inspiré par un herbier réalisé par la poétesse américaine Emily Dickinson au XIXe siècle, ce nouveau livre d’Amanda Marchand et Leah Sobsey réimagine chacune des 66 plantes de la collection comme un sublime anthotype - une photographie sans caméra réalisée à partir de matière organique. Janelle Lynch au clavier .
musique
Le concert donné à Prades-le-Lez marque les débuts de l’Orchestre intercommunal de musique de danse libre. En 1974, François Tusques et ses compagnons (Michel Marre, Jo Maka, Adolf Winkler et Guem), dans l’esprit de Don Cherry ou de Chris McGregor, démantèlent avec espièglerie toutes les frontières et tous les styles de la musique créative. Et ça swingue velu - mais en dehors des clous !
Replonger dans la discographie des Banshees de Siouxsie n’est pas forcément le premier réflexe de l’amateur de rock qui n’y voit souvent que les oripeaux et le lipstick de la chanteuse gothique de référence ; quand le vrai propos est ailleurs. Ce que démontre habilement Dear Prudence, le volume 19 de la série seveninches des éditions Le Boulon, sous la plume de Philippe de Guilhermier.
D’une sombre actualité reste le rock de Kim Gordon. A vouloir prendre en compte le monde - et surtout la décrépitude Maga des USA - , elle réussit, une fois encore, l’actualisation de l’idiome rock pour en faire perdurer la culture qui parle encore à nombre d’entre nous. Parlons de brouillard unifié qui lie techno, hip-hop, rock pour un album court où le morceau le plus long ne fait pas plus de 3, 40 ‘. Condensé, concentré, et nous voilà convaincu avec cet album qui s’impose encore à de multiples carrefours pour dire le ressenti d’une femme qui a toujours suivi sa voie/voix. Regarder à l’image d’une chaîne d’infos X ou bol à raie un sombre crétin comme Julien Odoul en l’écoutant reste assez savoureux…
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Malgré le rapprochement du costume viking assumé, peu de points communs entre Moondog et The Space Lady, même si les deux ont beaucoup joué dans la rue… The Space Lady a commencé son odyssée dans les rues de Boston et de San Francisco à la fin des années 70, jouant des versions de musique pop contemporaine à l'accordéon et vêtue de manière extravagante, transmettant des messages de paix et d'harmonie.
Si ces dernières années, vous n’avez pas été bercé par les punks congolais de Konono Nº1 et Staff Benda Bilili, vous n’avez pas pigé comment l’Afrique du son récup fonctionne. Avec allégresse et de manière tonitruante. Le nouvel épisode de l’avancée se nomme Kin’Gongolo, du son que font les bidons entrechoqués portés par les vendeurs d’huile à lampe pendant les pannes d’électricité des années précédentes. Envoi !
Artiste multi-facettes, Lonnie Holley est à la fois poète, sculpteur, musicien et bricoleur de génie puisqu’il a re-construit lui-même nombre instruments dont il fait usage. Mais cela, c‘était avant qu’on finisse par le reconnaître, comme une voix aussi singulière que discordante des Usa. Un artiste nécessaire qui raconte ici son passé glaçant, après avoir décidé d’avancer et d’y croire : Tonky !
S’il emprunte son pseudo accentué à une tuerie mythique d’Archie Shepp, (avec la chanteuse Jeanne Lee), Romain Hainaut est un auteur, compositeur, arrangeur, producteur et chanteur pas trop adepte du cynisme de sa/ses profession(s) . Versatile, une fois mais pas que, au fil de 15 titres éparpillés façon puzzle. Développement.
Avec son second opus, le violoncelliste Abel Selaocoe se tourne vers les ancêtres, africains et européens, poursuivant un voyage à travers les continents et les siècles, en aventurier guidé par l'amour et le respect de ceux qui nous ont quittés ; mais nourri par la splendeur du présent. Ici l’artiste sud africain interprète plusieurs de ses compositions, certaines enracinées dans la tradition africaine, d'autres puisant dans le répertoire baroque vers lequel il se sent attiré depuis son enfance. Pertinent.
Composé en 1956 sous pseudo par Bo Diddley, le tube/standard de Mickey (Baker) et Sylvia (Robinson) Love is Strange est parfait. Tellement même qu’il ressurgi dans les charts à chaque fois que ladite Sylvia en a eu besoin. Mais l’histoire ne s’arrête heureusement pas là pour elle qui, de coups foireux en arnaque au petit pied, a réussi à construire une carrière de directrice artistique et de productrice avec usine de pressage pour la musique black finalement récompensée, sur le tard. Entre temps, elle aura adopté, pour durer, toutes les modes musicales et produit les deux plus grands tubes du hip-hop : Rapper’s Delight et The Message. Coup d’œil dans le rétro - c’est trop !
Des très significatifs Objets (avec le regretté Olivier Libaux) sous influence Monochrome Set/XTC à son impeccable parcours solo, ignatus, l’alias de Jérôme Rousseaux, continue de faire avancer la chanson française - et ce n’est pas un gros mot ici … E.pok était arrivé avant Macron et décryptait le feeling pas encore pourri du moment. Aujourd’hui en 2025, Dans les virages offre un autre son de cloche. En piste, sans chuter
L’auteur, John Raby, a ceci de particulier qu’il est déjà spécialiste et auteur de livres sur les Residents et Frank Zappa ; en plus d’avoir fait une thèse de philo sur Deleuze. Ici, au carrefour de la pop culture avec la pop philosophie : du fait marquant qui symbolise un moment, à son extraction pour qu’il fasse sens dans l’histoire des idées. A sujet ad hoc, la réponse, un peu longue, tient en quelques 660 pages. Mais, excellente étude de cas, c’est le premier ouvrage en français qui en extrait la substantifique moëlle. Hop !
Après le succès de la compilation The Original Sound of Mali, une nouvelle exploration des merveilles de la musique malienne est ici compilée par l'écrivain, journaliste et compilateur français Florent Mazzoleni, nominé aux Grammy Awards, et David Buttle, de Mr Bongo. Tout pour comprendre la démarche de Byrne avec Eno sur My life in the Bush of Ghosts. Et plus.
On a déjà suivi le natif de Chicago aux multiples casquettes (éducateur, artiste visuel, musicien) dans ses précédentes aventures comme sur le Black Monument Ensemble ou pour sa participation aux projets du label International Anthem. Mais là il se lance seul sous son nom et c’est sa première incursion dans le spoken word sur tout un album entier. Le sample, lui, est le pilier central des instrus. L’outil principal du hip-hop sert de caisse de résonance à ses poésies abstraites, futuristes et engagées…sa liste de revendications.
in the mix
science-fiction
Ambitieuse et foisonnante, redoutable dans ses détails comme dans ses implacables non-dits, très russe et très universelle, une trilogie post-apocalyptique de référence.
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Un monde presque intégralement post-humain où de solides porcelaines automates néanmoins endommagées agissent sur la foi de mémoires programmées et parcellaires. Magnifique de poésie cruelle et de tendresse inattendue.
L’étrange récit de survie, digne d’un Jérôme Bosch sous acide, d’une humanité « modifiée », après la guerre globale et mutante conduite par de vastes intelligences artificielles ayant plus ou moins librement interprété leurs instructions. Baroque, rusé, et pour tout dire somptueux.
La saisie du langage par la machine, comme questionnement historique et futur de la notion d’intelligence, comme quête quasi métaphysique et comme enjeu socio-politique. Un somptueux roman à tiroirs et à portes dérobées.
Et si une femme enceinte était le soldat ultime ? L’obsession pour le contrôle sur le corps des femmes et sa capacité à enfanter devient dans cette saga de science-fiction, un enjeu militaire et politique dans un manga brillamment construit.
Un autre livre sur l'intelligence artificielle, les civilisations extraterrestres, le métaverse et le posthumain ? Ah non ! Encore ! Mais… attendez, il doit y avoir une erreur : l’édition originale de ce livre est parue en polonais en 1964, il y a soixante ans ! Mais comment est-ce possible, si l’auteur parle de simulations virtuelles, de chômage technologique, d’algorithmes intelligents ? C'est possible, car l'auteur de ce livre fantastique est Stanislaw Lem , qui n'a besoin d'aucune introduction, si ce n'est celle de "l'un des plus grands écrivains de science-fiction de tous les temps".
Une journée fictive, en seize révolutions, des six occupantes et occupants de la station spatiale internationale. « Orbital » déploie une écriture audacieuse, simultanément diaboliquement précise lorsqu’il s’agit de science et de géographie et subtilement songeuse lorsqu’il s’agit de méandres personnels et de vivants confrontés, aussi, à une catastrophe climatique en cours. Une fascinante poésie du quotidien décalé et de l’étrange normalisé.
Décapante et ultra-documentée, une histoire de la conquête spatiale qui met à mal les récits dominants militaristes et capitalistes, comme la vraie-fausse mystique humaniste et scientifique dont ils aiment à déployer le charme fumigène autour d’eux
Remarquable lecture de l’état politique présent et – souhaitons-le – à venir de l’articulation entre science-fiction et orientations de nos sociétés, l’essai d’Alice Carabedian - Utopie radicale - Par-delà l'imaginaire des cabanes et des ruines - est une des plus belles et urgentes réponses possibles à la question : « Pourquoi lire de la science-fiction aujourd’hui ? ».
Une fois de plus, Céline Minard nous surprend et nous enchante, en créant toujours de nouveaux horizons diablement essentiels sans jamais céder un pouce de terrain quant à l’exigence littéraire et mentale de son travail. Si la vision intime de formes de vie différentes fait partie de l’ADN de la science-fiction, dont on sait au moins depuis son premier roman, «Le dernier monde» (2007), et depuis maintes rencontres en librairie ou ailleurs, à quel point l’autrice en maîtrise les codes et les motifs, c’est toutefois sur le terrain d’une anthropologie radicale de la nature et du vivant qu’elle a inscrit “Plasmas”.
Autour de l’accès du public ultra-riche (et un peu moins riche) à l’ingénierie génétique la plus pointue, “L’une rêve, l’autre pas”, le roman de Nancy Kress, établit la trame d’une fable socio-politique science-fictive aux résonances plus contemporaines que jamais.
Publiée en trois tomes entre 2004 et 2007, traduite en français par Dominique Haas aux Presses de la Cité entre 2006 et 2008, cette trilogie de Kim Stanley Robinson, généralement appelée « Science in the Capital » en américain, est plus couramment désignée comme la « trilogie climatique » en français.
Au lieu des simples conditions de survie (ou non) traditionnellement liées au (sous-) genre post-apocalyptique, on assiste en ce moment dans la science-fiction à une captivante floraison de modalités concrètes de reconstruction, en « faisant avec » mais en essayant dans la mesure du possible de « bâtir autrement ». C’est le propos du “Premier jour de paix” d’Elisa Beiram.
livres
Pour avoir osé donner son avis sur la condition sociale de l'écrivain – pas de congés maladie, pas de congés payés, pas d'indemnisations chômage, etc. – l'écrivain Julien Delmaire, par ailleurs auteur publié (jusqu'ici?) par Grasset, s'est vu conspuer par un journaliste (?) de l'Express, et ce avec toute la délicatesse dont sont capables les moutons de cet organe de presse.
Certes, à côté de ce qui se passe en Ukraine, en Iran, Palestine, au Liban, etc., le limogeage du PDG de Grasset, Olivier Nora, peut paraître un simple fait éditorial, comme il s'en produit fréquemment dans le milieu du livre: jeu des chaises tournantes, remaniement, etc.
17 animaux picturaux en quête d’autres auteurs et d’autres sens : l’exceptionnelle chambre silencieuse d’échos imaginée par Suzanne Doppelt.
Entre techno-thriller et science fantasy, le magnifique résultat de la collaboration entre l’acteur le plus cool d’Hollywood et l’auteur le plus inventif et le plus politique de la fantasy fiction contemporaine. Avec un babiroussa en bonus.
Plomb, le premier roman de Timothée Zourabichvili, fait assurément partie de ces rares surprises dont a grandement besoin la littérature contemporaine. Non content de travailler une matière en apparence raréfiée (un jeune homme et une jeune femme dans leur brutale nudité et leur descente aux enfers), un décor minimaliste (une chambre, une rue, un terminus de bus…), un dialogue impossible, il enferme le lecteur dans les têtes tantôt crispées tantôt en vrac de ses deux protagonistes.
ABONNÉS
Une fête, aussi luxueuse que mystérieuse, au sommet d’un immeuble new-yorkais. Une foule d’invités et de pique-assiettes qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là, mais qui sont bien décidés à en profiter. Le décor d’une farce échevelée, tragique et comique. Le formidable dernier coup d’archet de l’un des grands post-modernes de la littérature.
Dans ce recueil lyrique de poèmes et de photographies, Rebecca Norris Webb retrace son voyage à travers la perte de son frère en suivant la migration des oiseaux à travers le Sud américain et le Nord de la France. Interview de Sophie Wright
Exhumant le tissu onirique de l’oppression infra-ordinaire, une rare, savoureuse et formidable fiction féministe de convergence des luttes.
La postérité a souvent les oreilles bouchées et les yeux encrassés. Je ne parle pas ici d'Anatole France, prix Nobel de littérature en 1921 au rayonnement international qu'on ne lit plus guère, mais de Pierre Bourgeade, dont l'œuvre protéiforme, débutée en 1966, mériterait mieux que l'aimable indifférence dans laquelle elle est mystérieusement tenue, bien que ses livres soient pour une grand part disponibles, certains même en poche, et malgré le beau travail des éditions Tristram. Pourtant, il suffit de lire, par exemple, Les Serpents (1983) pour s'incliner devant la sereine puissance de sa prose.
Une robuste anthropologie du quotidien et du fatal pour traquer l’un des vices profonds et subtils du capitalisme tardif, sous toutes ses formes directes et indirectes.
En terre innu, la ferveur d’une poésie lyrique célébrant un délicat équilibre à retrouver auprès de la nature et de la tradition, et surtout un regard photographique magique qui en transcende l’ensemble.
La création d’une topologie poétique bien spécifique, aux marges et aux lisières méditerranéennes, aux élancées intimes et politiques étroitement mêlées, dans un même souffle rauque, envoûtant et salutaire.
Discrètement nourrie d’une histoire millénaire et de conflits contemporains omniprésents, la poésie acérée, cruelle et subtilement déroutante d’une documentariste iranienne désormais autrice à part entière.
Le superbe autoportrait d’une vie militante dans les intervalles, les tiraillements, les déchirures – en poésie pleine d’allant et d’humour éventuellement noir.
L’argument ne tenant que du bout des doigts, est-il à avouer ou à taire ? Avouons-le : un très improbable trio de grimpeurs partisan de l’escalade moderne (Claire, Manuel et Méduz) se fondent sur ou bien dévissent dans des voies françaises de plus en plus compliquées, pour finir par se colleter aux falaises mythiques des Gunks, dans les Appalaches aux USA. Roman écrit à la force des doigts et des poignets, roman d’apprentissage, de cordes et de cris, de compagnonnage et d’amour moderne, de révélations et surtout – d’élévation (don’t go to my head !)
Vraie-fausse confession « business » mordante et hilarante d’un duo poétique inlassablement déjanté : ici comme ailleurs, le Manque a gagné.
On n'en revient pas. De quoi ? Non seulement de la poésie d'Anne Sexton où, comme dans un poème de Louise Labé, on "a chaud extrême en endurant froidure", mais également du fait qu'il a fallu attendre 2022 pour lire en traduction cette œuvre majeure, étalée sur quinze ans : 1960-1975.
cinéma
Avec Les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli voulait réaliser une grande fresque sur la période de la collaboration française. Avec sans doute les meilleures intentions du monde, il voulait alerter sur la bête immonde qui gratte à nos portes, réfléchir sur notre époque. Il s’en rend complice. Il voulait dénoncer. Par ses choix de casting, de mise en scène, de scénario, il collabore.
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30 ans déjà ! À l’occasion de cette édition anniversaire, on peut dresser un bilan très positif : Chéries-Chéris n’a cessé de gagner au fil des années en ambition, en notoriété et en succès public, au point de rassembler l’an dernier plus de 17 000 spectateurs.trices. Depuis ses débuts, et aujourd’hui plus que jamais peut-être, le cinéma joue un rôle essentiel dans nos regards sur nous-mêmes, nos émancipations, nos libérations individuelles et sociales. Un rôle fondamental pour nous projeter dans nos vies et les construire librement à notre mesure. Fidèle à lui-même, ce 30e Chéries-Chéris sera donc plus que jamais tourné vers l'avenir et les nouveaux territoires queers à explorer, à expérimenter. Cette année, nous aurons au programme 71 longs-métrages et 80 courts-métrages, la très grande majorité inédits, et venant des quatre coins du monde.
Organisée dans le cadre de la manifestation Apichatpong Weerasethakul, l’exposition “Des lumières et des ombres” dévoile une vingtaine d’installations filmiques créées par le cinéaste et artiste visuel thaïlandais ces vingt dernières années — dont une spécifiquement réalisée pour cette occasion. En écho aux pièces qui jouent de la lumière et des formes, elle se présente comme une déambulation nocturne ponctuée des illuminations des images projetées.
Si vous voulez quelques conseils du maître de l’animation américaine, découvrir comment il a dessiné tant de génériques des Simpson, ou encore comment il est passé des journaux aux dessins animés, voici quelques extraits de cette rencontre. Avec quelques vidéos en bonus.
Myriam El Hajj a plusieurs anges gardiens dans son existence en cinéma. Polichinelle est l'un d'entre eux et il revient à Giorgio Agamben d'avoir énoncé la morale de l'ange de la commedia dell'arte : « ubi fracassorium, ibi fuggitorium - là où il y a une catastrophe, il y a une échappée ». L'époque du désastre obscur perdure au Liban ; s'entrouvre pourtant celle du désir qui dit à l'origine la nostalgie d'une étoile perdue. Refaire un peuple de langues et de jambes, de poumons et de pieds est la voie difficile d'un remembrement collectif. Et la vocation d'un film qui y a trouvé moyen de tourner autour du trou du désastre sans y succomber, et faire ainsi trouée pour à nouveau marcher et respirer.
fait bande à part, du côté des vaincus sans jamais plus qu'il n'y ait de vainqueurs. La joie des causes plus grandes que soi promet dans la nuit le bleu du ciel et, pour l'oncle de cinéma alors en partance, c'est une dernière bouffée d'enfance.
Que faire à l'heure des scandales sexuels au cinéma ? Aller à contre-pente, remonter le courant, faire un état des lieux pour espérer l'habiter autrement. Contre la possibilité du chef-d'œuvre, se débarrasser de l'idée de toute-puissance du réalisateur.
La cinéphilie a deux versants, ce n’est pas un dualisme équilibré, c’est une schizophrénie qui essaie de soigner ses fêlures avec les médocs de la pharmacie pop-gnostique et toc avant d’avoir la beauté, tragique, d’en assumer les poisons qui font vivre ceux qui en dépendent. Se faire lecteur de Rosebud le livre, c’est dès lors sceller l’alliance avec l’ami qui, un jour, a découvert que la rose cinéphile est un trou qui a deux côtés, face et dos, devant et derrière, avers, envers et revers – versos et rectaux.
Le premier volet de l'adaptation par Denis Villeneuve de Dune, le chef-d'œuvre de Frank Herbert, était un film d'installation. Sa grandeur n'y était que d'apparats. Le second volet crée la surprise en prenant à rebours la déception première. Il gagne en ampleur parce qu'il prend tout le temps nécessaire à filer la tresse complexe des grands récits qui surdéterminent un destin comme autant de voix et d'interpellations contradictoires, pour en compliquer en dernière instance l'avènement, sournoisement assombri.
On se souvient peut-être des magnifiques détournements de films hollywoodiens que Martin Arnold réalisait à la fin du siècle dernier. Or depuis 2010 l'animateur s'attaque aux Mickey animés qu'il déconstruit en boucles tout aussi bégayantes, mais en maniant la gomme comme ses prédécesseurs le pinceau, avec toujours le principe qu'une histoire peut en cacher une autre.
Le cinéma se porte bien même quand des films qui s’en veulent les emblèmes font bruyamment accroire le contraire. Au chevet d’une condition ouvrière à l’agonie dont il braque les scènes héroïques comme un gauchiste sans révolution braque une pharmacie, Making of hystérise la représentation d’une conscience sociale parce qu’elle est tout ce dont le film de Cédric Kahn n’a aucun désir, sinon de préserver les hiérarchies. Prenez garde à la feinte putain quand elle s’agite, criant que tout va mal alors que pour elle tout va bien, merci.
On pensait la logique capitaliste de réification des individus avoir atteint son point marchand avec Barbie en 2023, dont How To Have Sex de Molly Manning Walker aurait été faussement le pendant débrido-peinturlureur quand il était thatchero-conservateur. C'était compter sans Priscilla, de Sofia Coppola, en ce début 2024, dans un film sur l'emprise, la logique d'effacement de son héroïne par le King, dont la prise Kong aurait été débranchée, en prise directe avec la logique du tout marchand, pour installer depuis et par son ennui profond une guerre de tous les instants contre un machisme ambiant que le film reconduit autrement et plus puissamment.
Les désastres sont connus, annoncés, programmatiques. Les émerveillements, eux, sont toujours imprévisibles, à chaque fois des étonnements – des événements. Il y en a eu en 2023, peut-être même plus que ces deux dernières années, des films capables de redonner des forces quand celles-ci viennent à manquer.
bd & mangas
Dans un monde en ruine, Vlada et Pouic sillonnent les routes, portés par leurs propres buts, mais surtout une amitié naissante dans ce monde hostile. Pourtant dans cet album, pas de monstres, pas de cannibales sanguinaires, de milices ou de rencontres dangereuses, Anne Masse prend le contre-pied des récits post-apo classique et dévoile une terre ravagée où les êtres humains sont solidaires, curieux et touchants.
Hors du monde, le 6e tome de la série Stern sort cette semaine, et les frères Frédéric & Julien Maffre continuent de nous surprendre à chaque nouvel opus. Le croque-mort, désormais sans emploi, se retrouve piégé sur une île qui tourne au huis clos horrifique avec des livres pour seule consolation. Des livres vraiment ?
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Toujours prête à faire la fête aurait pu être la devise de la rédac’ de Fluide Glacial, on ne compte plus les numéros anniversaires et les hors-séries pour être au plus proche des lecteurices et ce samedi 5 avril 2025, toute l’équipe vous attend pour une journée de festivités. Dédicaces, apéro, tombola et DJ Set sont au programme.
Après avoir marché sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, et avoir accompagné des jeunes pour des « séjours de rupture » avec l’association SEUIL, Jérémie Gallegos a publié un album qui raconte ses expériences sous forme de fiction. Nous vous proposons une rencontre en vidéo avec l’auteur accompagné d’extraits de l’album et de ses carnets.
Une enquête sur les coulisses du festival de la BD d’Angoulême révèle une agression sexuelle et parle de management toxique dans l’équipe organisatrice.
Cinquième volet de ce dossier à l’occasion du montage d’un grand stand Taiwan Comics à Angoulême en janvier 2025 qui coïncide à une vague de traduction de titres taïwanais chez les éditeurs français fin 2024 et début 2025. L’occasion de discuter avec Chang Sheng, Moonsia, Pao-Yen DING, Pam Pam Liu & Ruan Guang-Min.
La présidente du Conseil Régional, Christelle Morançais, annonce une coupe de 100 millions d’euros dans sa proposition de budget 2025 mettant en péril 150 000 emplois locaux et des dizaines de structures culturelles, sportives ou sociales. Ce budget amputé sera présenté au vote le 19 décembre prochain et le monde de la culture se mobilise.
Jeudi 21 novembre a eu lieu la conférence de presse de la 52e édition du Festival International de la BD d’Angoulême qui présentait la programmation artistique, les sélections officielles et les grands axes pour cette édition.
Pas de kwak pour Camille Potte qui débarque avec un premier album peuplé de grenouilles mélomanes, d’andouilles bavardes, de princesses rebelles et de sorcières caractérielles. En s’amusant avec les codes du conte de fées et de l’imaginaire médiéval, l’autrice s’amuse à questionner notre époque à travers les questionnements ou révoltes de ses personnages.
Jérémie Gallegos raconte en bande dessinée son expérience d’accompagnement de jeunes en « séjours de rupture » sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il en tire un récit qui met en lumière l’impact de ces rencontres avec deux portraits inspirés de ses voyages. Une campagne de financement participatif a été lancée cet été.
La liberté a un prix et il est élevé nous raconte Mathieu Lauffray dans sa trilogie Raven chez Dargaud qui, sous couvert d’une chasse au trésor et de pleines pages débordantes d’aventure et de nature luxuriante, vient nous proposer quelques pistes de réflexion sur nos propres choix. Avec lui, on parlera des thématiques, mais aussi de technique, en explorant toutes les phases de son travail.
Après “Faux accords”, Pierre Jeanneau termine sa grande fresque avec “Châteaux de sable” où les vies d’un groupe de trentenaires se mêlent et se démêlent sous l’influence des lieux et du temps.
Depuis juin et les élections législatives avec la mise en place, par micron, d’une réalité alternative, il est bon de renvoyer la balle avec une autre sensation de réel, un délire plus contemporain qui fait danser autour de la semoule du quotidien le plus absurde avec Scènes de la vie du monde, un nouveau projet signé Pierre La Police et, la première exposition en France de Teddy Goldenberg pour La Route parallèle, deux livres publiés aux éditions Fidèle !
Sorti en avril dernier, Le Dieu-Fauve a marqué les esprits par son approche singulière de l’heroic fantasy, où la beauté graphique répond à la violence de cette narration à 4 voix. Pour suivre les traces du Dieu-Fauve, il fallait bien une interview-fleuve avec ses auteurs.
architecture
Après trois ans de construction, la maison de la communauté de la céramique de Bat Trang a été mise en service en 2021. L'objectif du bâtiment est de présenter les œuvres des artisans, de raconter l'histoire du village et de présenter les différents matériaux et techniques utilisés dans la fabrication des poteries. Et, entre sensualité de la forme et inattendu du gigantisme, l’œil s’attarde sur ce musée singulier.
Sanjay Puri Architects présente The Forest, un projet de développement à haute densité en République démocratique du Congo. En raison des règles en vigueur régissant les zones bâties, ce projet nécessitait une tour verticale puisque le rapport de la surface bâtie autorisée est de 9 fois la superficie du terrain.
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L'expérience d'un espace est une affaire personnelle. La relation entre un espace et la personne qui l'habite est unique : le bagage culturel, l'imagination et les expériences personnelles conduisent inconsciemment chaque individu à associer ce qu'il ressent à l'endroit où il se trouve. Selon cette idée, l'espace n'est pas seulement un espace, mais un moment qui projette notre intimité sur quelque chose d'autre.
Pocket Passiv est un petit studio résidentiel intercalaire qui occupe l'espace inutilisé d'un bloc d'angle d'une maison en terrasse du centre-ville. Le projet atteint des niveaux ambitieux d'agrément pour ses résidents, tout en occupant une surface "de poche" de 27 mètres carrés. Situé à Glebe, une banlieue prospère du centre-ville habitée à l'origine par le peuple Gadigal, Pocket Passiv est un vestige du boom des maisons en terrasse victoriennes du 19ème siècle à Sydney.
En 1944, Curtis Howe Springer, un prédicateur évangélique qui vivait à Los Angeles, a entendu parler d’une source naturelle nommée Soda Springs dans le désert de Mojave, dont la rumeur disait qu’elle avait des propriétés curatives. S’il avait toute d’abord appelé son centre Soda Springs Cam, Springer a finalement choisi le nom inhabituel de Zzyzx Mineral Springs and Health Resort pour son oasis de bien-être, car le fait d’avoir une liste avec deux z dans le nom garantissait que son complexe était « le dernier mot » en matière de bien-être.
On peut être contemporaine et se fondre dans un environnement jadis dédié à la culture des œillets. C’est le cas de la maison entièrement conçue, depuis la conception des plans jusqu’à l’aménagement intérieur par Archidesign. Une maison de plain pied, enracinée sur une terre autrefois cultivée par la famille du propriétaire et formée par l’assemblage de quatre rectangles parfaitement imbriqués.
Dernier portfolio : la visite impromptue de la Villa Carré avant rénovation, œuvre de l’architecte finlandais Alvar Aalto, dans une définition humaniste du luxe dérivée de Baudelaire (luxe, calme et volupté). Même si celle-ci, n’est pas sensualité pure mais ascèse certaine, joie plus mystique que pleine expression des sens. Le luxe étant la simplicité retrouvée, une célébration de l’essentialité et de la convergence vers cette Nature qui appelle à dialoguer, loin des faux semblants, dans une interrogation plus profonde, voire plus sévère, d’un protestantisme ne souffrant aucune contamination baroque….
Comment retrouver un rythme naturel sur la côte pacifique au Mexique est le défi tenu par Espacio 18 Arquitectura qui a conçu une maison en béton sur la plage de Zapotengo à Oaxaca, avec deux ailes orientées pour suivre le lever et le coucher du soleil. Mais pas seulement.
Ninho est le dernier résultat du partenariat entre Altar et Natureza Urbana, unissant leurs efforts pour créer un refuge immergé dans les paysages naturels de la Serra da Mantiqueira. Destiné à offrir une expérience unique d'hébergement et de décompression, le projet suit le principe d'Altar consistant à construire des hôtels décentralisés connectés à la nature, au style glamping et à tirer parti de la technologie pour promouvoir des pratiques durables dans les opérations hôtelières.
Le bureau international de design et d'innovation CRA-Carlo Ratti Associati, en collaboration avec le regretté Italo Rota (1953-2024), dévoile un projet pour la Semaine du design de Milan 2024 transformant le jardin botanique de Brera en un parcours immersif explorant les multiples utilisations du riz - de l'alimentation au matériau de construction expérimental.
Il est pratiquement impossible de résumer cette maison. Entrer dans l'espace pour la première fois est difficile à décrire. Elle semble ancienne et moderne à la fois. Les références sont très variées : "on dirait une église, un château, une arche de chemin de fer, un entrepôt de céréales du Moyen-Orient". Le maître d'ouvrage s'est inspiré d'un bunker de munitions du XIXe siècle qu'il avait vu en Roumanie, construit en briques brutes avec des arcs. L'architecte Peter Stutchbury fait référence au travail de Le Corbusier en Inde. Cependant, il s'agit d'un projet tout à fait singulier. L'élément architectural clé est le plafond voûté parabolique, une structure autoportante faite de briques recyclées et dotée d'une lucarne elliptique rétractable de 3,5 m de long sur 2,5 m de large, non vitrée et inclinée de 20 degrés vers le sud pour contempler les étoiles.
Situé dans un paysage de vignobles et de zones boisées, au cœur du Monferrato, l'éco-hôtel se compose d'un village de quatre cabanes indépendantes en bois et en verre dont le design s'inspire de l'image des meules de foin traditionnelles. Trois d'entre elles abritent les suites, tandis que la quatrième est un espace commun.
La maison familiale de Rašovka est située sur le versant sud de la crête de Ještěd, à une altitude de 600 m au-dessus du niveau de la mer, avec une vue magnifique sur le paysage du Paradis de Bohême en République Tchèque. Un concept lissé mais pas policé.
Construite dans le village historique de Bevaix, cette maison familiale est située sur une pente à proximité des quais dans un quartier paisible. Il offre une vue panoramique sur le lac de Neuchâtel et les Alpes. Mais là n’est pas son seul intérêt.
style
Lorsqu’Adrienna Matzeg s’est lancée dans un voyage à Kyoto, Tokyo et Séoul en juillet 2025, elle a dû faire face à une chaleur et une humidité estivales intenses, ce qui l’a amenée à explorer certains recoins de ces villes à la nuit tombée, lorsque la température était plus clémente.
Des têtes, des yeux et des mains désincarnés côtoient des arbres grêles, des libellules et des fleurs éclatantes dans les œuvres inspirées de l'art populaire de Michael McGrath.
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L’artiste tatoueuse new-yorkaise Ash Aurich a trouvé une manière ingénieuse de rendre hommage aux chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art avec ses tatouages en forme de timbre-poste. Utilisant une technique de fine ligne avec des ombrages délicats, elle crée des compositions rectangulaires aux bords crantés, représentant des figures romantiques et religieuses inspirées de la Renaissance.
Les tatouages du brésilien Vinícius Moschen sont si réalistes qu’ils donnent l’impression d’être de véritables patches brodés cousus directement sur la peau. Cet artiste sait, en effet, capter l’essence des motifs textiles, dans une gamme allant des personnages rétro de dessins animés aux emblèmes d’équipes sportives.
Il y a vingt ans, Signe Emdal a créé une entreprise spécialisée dans la fabrication d'objets et de vêtements textiles uniques, en s'appuyant sur son expérience du tissage jacquard, de l'impression sur tissu et de toute une série d'autres techniques. En 2021, cependant, elle s'est sentie enfermée et a cherché un moyen de s'exprimer à travers une orientation créative plus intuitive et moins fonctionnelle. Résultats, ci dessous.
Le Musée de l’Homme présente actuellement une exposition en deux volets sur le wax ; l'un consacré à l'histoire du tissu, depuis plus de 120 ans entre Asie, Europe et Afrique, et l'autre à son actualité sur la scène de la mode, du design et de l'art contemporain.
Le regard amusé de Martin Parr sur la mode s’intitule Fashion Faux Parr. Tout un programme reflétant 30 ans d’un style très original et d’un sens de l'humour assez particulier/ parr-ticulier …
Quand le macronisme provincial, attardé et catho de fond voudrait nous incruster ses principes délétères par un confino-covidé à manche longue, il est bon de se révolter pour échapper à la touffe inepte de Castex et ses discours de bureau d’étude du XXe siècle. Alors Tattoo You ?
La photographe Diana Yevtukh et ses broderies inspirées des kintsugi japonais tentent de remettre de la vie dans une Ukraine cassée.
Dans un article expliquant pourquoi la fast fashion devrait être ralentie, la journaliste russe Ksenia Monastyrskaya explique comment est apparu le marché de masse, comment les organisations antifascistes et les magasins d'occasion sont connectés, quel est le modèle de consommation scandinave et comment gérer les vêtements de manière écologique en upcycling, éco-shopping et personnalisation.
Artiste écossaise multimédia, Debbie Lawson fait littéralement surgir des motifs des tapis ou de tout autre matériau employé pour forcer une sorte de passage entre deux mondes, comme un réensauvagement du motif qui surgit de la matière employée pour forcer le réel à en dire plus et autrement. Déroutant pour le moins.
Des tatouages temporaires en passant par les figurines, cette jeune artiste mélange mode et art pour explorer la marchandisation du corps via une lentille post-Internet aussi bizarre que merveilleuse. Choc !
L'idée d'ajouter des grillons à un gaspacho d'été ou de faire des tacos avec des mites d'abeille risque de faire frémir la majorité d'entre nous. Mais face à un avenir marqué par une pénurie alimentaire croissante, les insectes pourraient bientôt devenir un aliment de base, un ingrédient régulier de notre cuisine de tous les jours.
Des portraits de femmes noires émergent des contours minimaux tracés au fil noir dans les nouvelles pièces textiles en grand formats de l'artiste torontoise Gio Swaby. Des tissus vifs, avec un accent sur les fleurs, dominent son nouveau corpus d'œuvres intitulé I Will Blossom Anyway, qui met l'accent sur la luminosité, la joie et l'amour de soi.
La Nuit, c’est un magazine culturel multimédia de 200 pages qui profite des possibilités offertes par l’internet pour faire de chaque numéro un voyage. Elle se lit comme un magazine, en pages plein écran. Ces numéros sont réservés aux abonnés. Pour vous en donner un aperçu, quelques pages du numéro 1.
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Tout journal est politique. Celui que nous faisons ne se cache pas cette évidence. Son existence, qui n'était pas donnée, car personne ne nous a invités, est déjà en elle-même un fait politique. Nous faisons irruption. Nous entrons par effraction dans le champ bien gardé des opinions bonnes à entendre. Sachant qu'exister, c'est résister, nous avons fait le choix d'exister. Or choisir est l'acte politique même.






